mercredi 14 avril 2010

HBS graduation: Célébration, émotion et cotillons…

Image issue du site d'Harvard "Commencement corner"

La fin de l’année s’approche, et HBS dans son ensemble est de plus en plus concentré sur la «commencement  ceremony» - entendez la cérémonie de remise des diplômes qui aura lieu début Juin. Enfin, pendant une semaine entière, puisqu’un tas d’activités ont été prévues minutieusement : discours du dean d’Harvard, des professeurs les plus connus, sauteries avec les parents, concerts et autres cocktails… donations, évidemment etc… Autant dire que ceux qui aiment le cérémonial, l’émotion des pleurs et de la séparation, ainsi que les grands discours sur notre avenir en tant que « leaders qui auront de l’impact dans le monde » seront largement rassasiés !

Pour ma part, je serai déjà au Pakistan. Je devrai donc me suffire du récit de mes section-mates qui, je l’espère, ne m’épargneront rien de l’hubris du lancer de chapeau, de la photo tout sourire et des petits fours qu’ils auront gobés à volonté (amuses-gueules sûrement accompagnés de coca zéro ou de vin sucré de Californie)… Comme me le disait un ami Finlandais de ma section, choqué de mon manque d’implication dans ce point d'orgue de notre enseignement: «It’s a once in a lifetime event! You’re missing such an awesome thing! This should definitively be part of your HBS experience!». Ce à quoi je lui ai répondu que «My G1&G2 expedition is a once in a lifetime thing too, so … I made my own choice! ».

Je ne veux pas non plus cracher dans la soupe –et pour être honnête, j'aurais aimé festoyer avec les copains, mes vrais amis d’HBS,  et je regrette de ne pas célébrer à leurs côtés la fin de ces deux belles années, uniques et si particulières. Mais serrer dans mes bras, les yeux rougeoyant d’amour des gens dont certains (une minorité, certes) me sont profondément indifférents (et récipreoquement of course), très peu pour moi….  Surtout, assister au discours d’un roi de la finance, le fondateur et patron d’APAX (un fond de Private Equity, qui recrute mes collègues d’HBS à un starting salary de 350k$ l’année) qui a été nommé «parrain de la promotion 2010» est franchement inconcevable… Quand à l'applaudir des deux mains...

Ne sort-on pas tout juste d’une crise sanglante ? Décidément, nous avons la mémoire bien courte…

dimanche 11 avril 2010

Dernière visite avant la fin… J- 3 semaines

Guillaume apprécie les Gunks...


... Big time !

Tout d’abord, mes félicitations à Guillaume qui, à trois semaines de la fin de mon MBA, m’a fait l’honneur d’être mon dernier et… premier visiteur venu de France à HBS en 2 ans, ça se fête. Heureusement que j’ai 449 amis sur Facebook, sans compter mes parents qui n’y sont pas, sinon j’aurais des doutes sur mes talents de socialisateur. Ah, tous ces gens qui m’ont dit il y a deux ans « tu pars à Boston ? Génial, on ira te voir ! ». Bon, Margot a la meilleure des excuses en la personne d’Ondine, Camille n’a pas (encore) de ronds et m’a presque rejoint puisqu’il a atteint Toronto tout de même, pas si loin, et Juliette était en prépa cette année… Ouf, mes frères et sœurs sont couverts ! Quand à mes parents «nous avons déjà tellement voyagé, tu comprends… puis Boston, c’est un peu ennuyeux, reconnais-le... ».

Allez, j’arrête de me plaindre, ça m’a bien arrangé moi aussi je vous l’avoue, car faire le promène-touriste pendant plus de 24 heures dans les rues de Boston, je n’y tiens pas non plus particulièrement. Et j’ai largement bénéficié des dizaines -au bas mots- d’invité(e)s de mon cher colloc’ Loeiz, bien plus sociable et avenant que moi, sans pour autant avoir à me taper le freedom trail et autres statues de John Harvard quinze fois d’affilé en donnant l’impression que j’apprécie. Great deal, isn’t it ?

Guillaume donc, avec son talent habituel, a délaissé son bureau 36 heures d’affilé pour s’aventurer sur mes terres. Notre homme a même accepté le voyage imprévu aux Gunks, à une heure de New York (soit près de 4 heures de route de Boston tout de même). Il a ainsi eu la chance de passer près de 20% du temps dont il disposait sur le siège arrière de la bagnole de Jérôme, quel courage… Heureusement, les Gunks, c’est vraiment GENIAL. Une journée entière dans la nature (et une nuit à Sodom-ça ne s’invente pas-, petit village charmant de la région), ça n’a pas de prix, et l’escapade m’a rappelé mes années New-Yorkaises où j’étais alors stagiaire en Banque d’affaires, en 2004… cela ne me rajeunit pas.

Je vous passe les détails grimpesques, attache quelques photos –et vous laisse féliciter Guillaume de m'avoir sauvé l’honneur. Désormais, moi aussi je peux dire que j’ai accueilli des amis quand j’étais à HBS. Olé !
Climbing at "The Gunks"

jeudi 8 avril 2010

Vu à HBS


Ci-dessus, je vous laisse observer la petite pancarte qui a traîné la semaine dernière sur l’étal à fromage proposé par la cafétéria de la Business School. Qui essaye de temps en temps d'innover dans l'art culinaire... avec plus ou moins de succès.

Certes, je le reconnais volontiers, nous sommes extrêmement gâtés côté variété, choix et qualité de la nourriture que l’on nous fait absorber (c’est d’ailleurs presque indécent: sushis, pâtes made to order etc…). Mais pour autant, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire quand j’ai vu la réclame suivante « What kind of Cheese are You ? », juste au-dessus du seul type de fromage proposé ce jour là, le «Low Fat Cottage Cheese», une espèce de pâte immonde qui jamais ne remplira les critères nécessaires pour être qualifiée de fromage.

Je ne sais pas trop de quelle famille de produits laitiers me réclamer personnellement, mais  je suis certain que le «Low Fat Cottage Cheese» ne sera jamais ma nouvelle religon…

mercredi 7 avril 2010

Feedback

Je discute en ce moment avec Juliette de ses essais, rédigés dans le cadre des ses concours, exercise très interressant je dois dire... et si je lui fait un peu de feedback, elle ne se gêne pas pour m'en faire aussi !
Ainsi, elle a très bien réussi à identifier mes 'skills' - j'imagine que c'est une des qualités qui lui servira dans son métier d'Assistante Sociale. Comme elle me le fait remarquer dans son derniers essai:
"Je sais pas trop quoi écrire là... Jete laisse faire, j'ai juste besoin de Bullshit, je pense que tu vas pouvoir m'aider ;-)"

Bien vu Chib', je pense en effet que je vais pouvoir t'aider... faut bien valoriser les deux années d'enseignement intensif dont je viens de bénéficier!

lundi 5 avril 2010

C'est le printemps !

Sur les bords du lac Atitlan, Guatemala, Mars 2010. Un p'tit coin de paradis...
Pour de bon cette fois. Du coup, j'en profite pour mettre à jour quelques galeries d'images, intégrées ci-dessous par Picassa, j'essaye l'outil pour la première fois, espérons que ça marche...
Le premier album présente quelques images du Guatemala où nous étions il y a maintenant trois semaines avec Philippe, Quentin et l'intarissable Loeiz. Nous avons vu de la vraie lave chaude de tout près, un lac magnifique et des temples du millénaire précédent, c'était chouette. Et comme on avait le billet le moins cher de l'histoire, on a fait étape à l'aller comme au retour par Mexico city, histoire de visiter la capitale pour profiter du transit...


Images du Guatemala

Le second album présente quelques images de ce week end, où j’ai retrouvé le « doux » (sic) granit de Putackaway, qui déchire la peau… mais la forêt est si belle le lac adjacent si sauvage, que ce coin de paradis mérite amplement le déplacement. Dommage que les moustiques soient en train d’arriver par million comme chaque année, rendant le site « inaccessible » pour toute la période estivale.
Escalade Putackaway, Pâques 2010

Enfin, quelques images de Rumney où nous faisions du bloc il ya 8 jours ave Jérôme. Rumney, site magique, qui décidément me manquera dès que j’aurais quitté Boston. Mais n’y pensons pas...

 Bouldering à Rumney

lundi 29 mars 2010

Leçons de vie par Clayton Christensen



Cela fait des mois et des mois que je n’ai rien écrit et Thomas menace de me radier. Cela tombe bien, nous venons d’avoir une conférence passionnante que je m’en vais vous partager.
L’association des étudiants a cette année organise une série de conférence par les profs les plus populaires de l’école : Clayton Christensen, Michael Porter, Youngme Moon et David Moss.
L’idée est je pense née de la conférence donnée par Randy Pausch, professeur a l’université Carnegie Mellon qui, se sachant atteint d’une maladie incurable, avait donne un dernier cours avec des leçons de vie : achieve your childhood dreams.


Ci-joint la vidéo :




Clayton Christensen est un des professeurs les plus populaires de l’école et il a annonce en décembre dernier qu’il était atteint d’un cancer. Il s’avère qu’il va sans doute guérir mais cela a beaucoup ému dans l’école et l’amphi était plein de plus de 800 étudiants lors de la conférence la semaine dernière.

Nous avons tout d’abord eu droit a un résumé de sa théorie fondatrice de disruptive innovation. Comme je m’imagine bien que cela ennuie beaucoup de lecteurs, je ne vais pas développer ici mais vous pouvez trouver un résumé fidele la :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Technologie_de_rupture


Il a ensuite développé les trois questions qu’il a l’habitude d’aborder lors de la dernière session de son cours :

- Comment puis-je maximiser les chances d’être heureux dans ma vie professionnelle
- Comment puis-je éviter la pente glissante et finir en prison (sic)
- Que puis je faire pour m’assurer de garder une vie familiale épanouie ? (sous entendue ne pas finir riche, divorce et/ou avec des enfants que je vois tous les 2 ans)


Il a utilisé des concepts de son cours pour développer les trois questions. Je ne veux pas vous ennuyer avec les détails mais je voudrai partager les grandes leçons.


- Les personnes ambitieuses ont tendances à allouer leurs temps a des choses qui apportent des résultats tangibles rapide (finir une présentation, un budget, un email…) et délaissent les choses qui mettent du temps à produire des effets (passer du temps avec ses enfants, sa femme, …). Il nous recommande donc d’être conscients de ce biais et de faire attention à réserver des plages significatives de temps pour cultiver une vie de famille épanouie.

- Lorsqu’on fait une entorse à ses principes une fois, il devient plus facile de franchir cette limite à nouveau. Il recommande donc de ne jamais franchir les limites que nous nous sommes fixes, même « just this one time ».

- Il nous conseille de passer du temps à comprendre le but profond de notre vie. En effet, la vie se charge par des hasards de circonstances de nous mettre dans des situations qui peuvent de pas du tout correspondre à ce qu’on avait prévu sans qu’on se rendre toujours compte du glissement.


- Il nous conseille aussi de mettre vraiment en avant ce qui est important a nos yeux quitte a dire NON lorsqu'on nous demande de venir travailler a un moment réservé a la famille.


- Enfin, il nous conseille d’être conscients de la façon dont on veut être juge a notre mort : par l’argent accumule ou par la somme des gens que nous avons touche et aide lors de notre vie. Inutile de dire de quel coté il penche…


En conclusion, j’ai été positivement surpris par la profondeur des conseils de vie offert par ce professeur. Il était malade mais il a fait l’effort de nous parler en des termes familiers pour nous exhorter à vraiment penser à ce que nous voulions faire de nos vies.
Cette école nous parle trop peu souvent en ces termes honnêtes et sincères, nous disant que nous ne pouvons pas tout avoir ou tout faire, qu’il faut faire des choix, que l’argent n’est pas une fin mais un mirage….

jeudi 11 mars 2010

Combien ça coûte, une vie ?


Je me rappelle m’être posé cette question très tôt dans ma jeunesse, non pas parce que j’étais  très en avance sur mes collègues (c’est Margot, la prématurée de la famille, pas moi), mais parce que ça me semblait bien compliqué… Je me rappelle aussi très bien de la réponse qu’on m’avait donnée à l’époque : « Je ne sais pas.  Peut être. Tu verras…Cesse de poser des questions stupides ».

Cette question revient au galop ces jours-ci, alors que les politiciens Américains s’écharpent sur la question de la réforme du système de santé-qui  à priori ne devrait pas passer vu le climat politique actuel (j’espère que l’avenir me donnera tord cela dit). Question d’autant plus brûlante que des boîtes comme Genzyme on fait et font leur fortune sur des médicaments qui sauvent des vies, mais à prix d’or. Ainsi, Cerezyme, médicament qui permet de sauver la vie de patients atteints du Gaucher’s disease, une maladie héréditaire rare qui touche en particulier les enfants, génère plus de 1,2 milliards $ de vente pour seulement… 4 000 patients. Les maths sont rapides, ça coûte 300k$ par an et par patient  au système de santé Américain. C’est cher – mais il faut noter que bien que Genzyme ait (par le passé, ils ont quelques soucis en ce moment) fait de « jolis profits » avec ce médicament, les coûts de son développement se sont élevés à plus de 500M$, sans compter la R&D non productive qui a été lancée en parallèle pour s’attaquer à cette horrible maladie.
Pour lancer le débat donc, citons le patron de BioVision, himself (plus inspirationel les rédacteurs de de L’équipe):
« Saviez-vous qu'il existe sur le marché français (…) 3 médicaments qui coûtent plus de 1M€ par an et une vingtaine qui coûtent plus de 100.000€ par an ? En vertu de la loi qui prévoit que personne ne peut subir de perte de chance, la Sécu est obligée de rembourser ces traitements si prescris sinon le ministre va droit au pénal (…) ». Et de rappeler que 1M€, c’est le coût de ~15/20 infirmières à l'hôpital.
Alors, comment arbitrer ? Jusqu’à combien peut-on/doit-on dépenser pour sauver une vie ? La question n’est pas que théorique, et j’imagine que la réponse diffère suivant que l’on a un enfant en bas âge atteint de la maladie de Gaucher en question ou que l’on est jeune et en bonne santé avec la vie devant soi... Notons que comme en France, les Etats-Unis ont une politique qui –pour l’instant- ne regarde pas à la dépense. Contrairement à nos amis Anglais.

Ainsi en Angleterre, pays du libéralisme (ils n’ont pas seulement eu Tatcher, mais aussi A. Smith, Ricardo etc.. enfin bon, on est d’accord) un organisme, le NICE, est en charge des arbitrages de remboursement. Il s’agit essentiellement de déterminer quels médicaments/solutions médicales apportent le plus aux patients, et donc de comparer le ratio efficacité/coût. Ainsi, pour décider si un médicament doit ou non être remboursé par le système, une approche répondant à au doux acronyme de « QALY » a été mise en place. Je fais court : un an de vie en bonne santé vaut 1, en moyenne santé 0,5, et en mort, 0. Pour mesurer l’apport d’un nouveau médicament, on regarde simplement le nombre de QALY qu’il apporte (e.g. si je prends ce traitement anti-cancer, je gagne  3 ans de vie versus si je ne prends pas de traitement, dont deux en bonne santé et le troisième pas top, le traitement apporte donc 2,5 QALY). Grâce à cette méthode, il est possible de comparer l’apport de traitements et de le comparer à son coût et donc… de prioriser l’allocation des fonds du NHI. Ce qui est intéressant, c’est que NICE relie une valeur financière au nombre de QALY apporté, et c’est là que l’analyse, à mes yeux, se corse. La règle est qu’en moyenne, un médicament qui apporte 1 QALY, soit une année de vie en bonne santé, peut-être remboursé à hauteur de 50 k$ maximum.  Donc un médicament anti-cancer comme l’Avastin (développé et commercialisé par Genentech/Roche), qui a de bons résultats médicaux sur la population cible, n’est… pas remboursé en Angleterre. En effet, 
« For colorectal cancer (…) bevacizumab –le petit nom d’Avastin- extended life by 4.7 months (20.3 months vs. 15.6 months) in the initial study, at a cost of $42,800 to $55,000” soit près de 100k$ par QALY. 
Ça ne passe pas en Angleterre. Rassurons-nous (ou pas, c’est suivant le point de vue), ça passe en France et aux Etats-Unis, où le déficit de CMS (organisme qui gère Medicaire et Medicaid) est phénoménal et grandissant, et ne peux désormais plus être ignoré. Est-ce d'ailleurs nécessaire de parler des finance de notre chère et très valable sécurité sociale ?


Notons que cette “limite” de 50k$ n’est pas officielle mais officieuse. Remarquons aussi que l’UK dépense environ ~9% de son PNB en dépenses de santé (vs. 10% en France et Allemagne, et ~16% au Etats-Unis) et qu’l y a une réelle volonté de freiner les dépenses de l’autre côté de la manche. D’ailleurs, les dialyses (50k$ par an) sont totalement remboursés aux Etats-Unis, bien plus qu’en Angleterre, les personnes les plus âgées se voient en général refuser la procédure…

C’est un drame de ne pas donner un traitement existant à un patient pour une simple et bête question de coût. La vie est ce qu’il y a de plus cher. D’un point de vue marginal, elle n’a pas de prix. On paye des millions pour libérer des otages, quelque soit leur âge, sans se demander s’il l’enjeu est de 5 ou 20 QALY. Mais d’un point de vue plus global, il est clair que la question se pose. Combien de notre GDP peut-il être affecté aux dépenses de santé ? Et à l’éducation ? Et à a guerre ? 

NB : Allez, un petit calcul amusant : si on vit en moyenne 80 ans, et à 50k$ l’année de vie, chacun de nous vaut 4 million de $ au maximum aux yeux de NICE. Si on considère ~60 millions de Français, la « valeur » de la population Française est de 2,5x10^13$, soit en très gros 10 fois le PNB de la France. Si on discount ce PNB à un taux de 10%, l’analyse dit que la valeur financière de la France (10 fois sont PNB donc) est strictement égale à la valeur de sa … population, et le reste ne vaut rien. Marx aurait aimé le calcul, je pense pour ma part que nos amis économistes me répondront que l'analyse de NICE n’a de valeur que marginalement ! Jean-Yves ?

Supporteur Lyonnais expatrié, quel métier…

Vous le savez, et c’est désormais dans les livres d’histoire, dans l’Histoire avec un grand H même, l’OL vient de sortir brillamment le Real Madrid de la ligue de Champions, dans le vacarme du stade Espagnol de Santiago-Bernabeu. Citons l’Equipe (rare, mais tellement satisfaisant!) :
« Une pure merveille. Parfaitement inimaginable il y a un mois, rendue accessible par la victoire du match aller (…)  la qualification de Lyon pour les quarts de finale de la Ligue des champions aux dépens du Real Madrid a tonné dans le ciel de l'Europe ». Rien de moins.
Quelques mots, aussi, d’Emmanuel Petit, grand auteur et régulier chroniqueur de l’Equipe :
« (…) les Lyonnais ont pourtant été acculés par les Madrilènes qui voulaient se racheter par rapport à leur piètre performance de l'aller ». Tiens, moi aussi, je me rachèterais bien par rapport au fait que je fais des fautes d’orthographe dans mes billets… Passons, le style l’Equipe, c’est unique, et vous le saviez déjà.

Ce que vous ne savez pas, c’est que nous étions Guillaume et moi littéralement cloués devant l’écran de mon ordinateur hier après-midi, à tenter d’apercevoir en direct quelques images du match, par l’intermédiaire d’un site internet plus ou moins illégal nous donnant accès au direct télévisé des plus grandes chaînes européennes… Nous avons donc passé 90 minutes bien au chaud devant un mini-écran propulsé par un internet lentissime, apercevant tout juste par intervals irréguliers des images pixélisées d’une résolution digne des meilleurs écrans couleurs du siècle précédent, avec des pubs qui s’affichent et des pop-ups porno qui viennent à l’écran toutes les 30 secondes… Surtout, ne pas cliquer pour faire disparaître la pub intruse et simplement la subir, ne pas tout planter en tentant de « nettoyer » l’écran …. Faut être passionné.

Victoire, cependant - nos relances acharnées du stream inconsistant nous ont permis de l’admirer, ce but Lyonnais libérateur, à la 75ème minute, en direct ET au ralenti image par image (!) pour les raisons mentionnées précédemment. Le tout en espagnol, puisque le flux TF1 n’étais pas ouvert…
Bref, un grand moment, vécu par deux supporteurs enchantés, qui se prirent dans les bras l’un de l’autre avec passion au coup de sifflet final, libérateur, pour quelques instants seulement je l’admets. On ne rigole pas avec le « tactile », Guillaume est maintenant papa et je suis toujours étudiant, la communion (sous cette forme) ne peut se réaliser que dans un cadre footballistique, c’est certain.

A mon humble avis, l’accès illimité aux matchs de foot de l’OL en ligue des champions devrait être inscrit dans les droits de l’homme – à priori pas prévu pour demain au pays de Guantanamo. J’espère toutefois que nous aurons un peu plus que les deux prochains matchs à nous mettre sous la dent en 2010… On croise les doigts, et on chasse le « stream » !

lundi 8 mars 2010

C’est déjà le printemps ?


Certes, on voit pas mal de neige sur les images, mais la température remonte. Pas bien pour la cascade de glace, mais très bon pour le bloc !

NH Ice Update - March 5, 2010
Pretty much everything in the Valley is or will be toast pretty quickly. (...) The weather reports are predicting very warm daytime temps and a lot of sun through this weekend! It may just be time to start thinking about Humphrey's, the South Buttress and rock!

Première session donc ce dimanche avec Patrick, Frank et Nina, it’s good to be back on the rock! Et quelques images pour ma cousine Elsa d’un (joli !) serpent qui nous a traqué toute l’après midi  mais qui, heureusement, ne nous a pas empêché de grimper. Les experts me diront en regardant la photo s’il s’agissait d’un gentil ou d’un méchant serpent – pour ma part, je me suis tenu relativement éloigné de la bête… you never know. 














mardi 2 mars 2010

Quelques images de Hueco Tanks


Jérôme dans un V10/7C+ bloc bien teigneux dont le nom m'échappe

C'était il y a quinze jours maintenant- je suis décidément bien en retard... Nous étions à Hueco Tanks avec Jérôme et un ami Américain, Alex, pour grimper sur certains des plus beaux blocs... du monde, osons le terme.
Hueco, c'est un ancien site indien logé au milieu du désert dans le Sud Ouest du Texas, tout près de la frontière mexicaine, dans un parc national dont le règlement très strict limite drastiquement les entrées. C'est donc compliqué d'avoir un permis, mais en revanche, une fois le sésame obtenu (il faut réserver 6 mois à l’avance), c'est le paradis !
Moments d’escalade extraordinaires dans la nature, sur des rochers brûlants au soleil, en plein mois de février…Un régal.
 Je passe les détails logistiques qui ont bien failli ruiner le voyage (la tempête de sable qui à envoyé notre tente à un mile du camping en début de soirée, nous forçant à passer une nuit serrée dans une tente d'appoint – Axel, ne t’inquiète pas, nous l'avons bien retrouvé au petit matin; les deux nuits à l'hôtel - payées à l'aller comme au retour par la compagnie aérienne pas fichue d'assurer deux connections; la neige à l’aéroport de Dallas, ce qui n’était pas arrivé depuis des décennies…).
Bref, presque l’aventure ! 
Quelques images en musique - Florence & The machine, qui nous a guidée pendant ces trois jours. Si vous n'aimez pas le rock, tant pis! 

jeudi 25 février 2010

Encore un évenement social sur le campus!

Ci-joint le flyer que nous venons de recevoir dans nos boîtes aux lettre, faisant la promotion du "HBS talent show", un truc pas mal en fait, ou les étudiants démontrent leurs talents plus ou moins bien cachés devant le plus grand amphitéatre du campus, bondé pour l'occasion. Sauf que comme je ne suis pas trop motivé par le "Hot dog eating section contest" (cf. le bandeau jaune en bas à droite sur la photo), je crois que je ne vais pas y aller !

Notons tout de même que ce genre de compétitions est à la mode sur le nouveau continent, ci-joint quelques infos Wikipedia sur le sujet:
"In 2006 (...), six-time champion Takeru "Tsunami" Kobayashi and two-time defending champion Joey Chestnut were the favorites going into the contest; Chestnut prevailed by setting a new record of 68 hot dogs and buns in 10 minutes. Kobayashi was second with 64½. The contest was televised live on ESPN, which has held the broadcast rights for this event since 2004"
Dire que j'ai déjà du mal à avaler UN hot dog Américain à la sauce...  68, ça fait quand même beaucoup (et bien entendu, il est interdit de vomir-du moins, pendant l'épreuve).

Parfois, je me demande si je ne suis pas passé à côté de ma scolarité à HBS en évitant systématiquement ce genre d'évenements. Mais en général, ce sentiment ne dure pas trop, en fait...

vendredi 19 février 2010

Qu’est qu’un good «comment®»?


Me voila de retour à la tâche après une quinzaine de jours un peu plus tendue que d’habitude, pour cause de sur-activité sociales, sportives, et bien entendu académiques. Me voila donc reposé, et prêt à me pencher sur la question complexe du comment ®, pilier de l’enseignement à HBS.

Le comment®, c’est ce qui fait vivre la discussion pendant les 80 minutes de chaque cours, pas seulement l’écorce mais aussi la racine de la réflexion qui se passe sur le terrain, dans nos salles de classe, tous les jours. Bienvenu au cœur de l’excellence de l’enseignement l’Américain,  dans l’intimité d’un groupe d’étudiants à forts potentiels. Voici le secret de la réussite de ce sanctuaire du savoir et de la profondeur de l’insight, en marge de la Charles river dans les alentours de Cambridge,

Notons tout d’abord que le terme est précis ; on ne parle pas de « remarque », de « point » ou de « prise de position », surtout pas « d’opinion » ; le vocabulaire est précis, dans la culture d’HBS, c’est un comment®. Period.  Cette mise au point achevée, analysons maintenant les différentes typologies de comment®  qui existent-il y a heureusement plusieurs possibilités en terme de formulation, car à raison de 600 cas traités en deux ans, et en faisant l’hypothèse d’une centaines de comments® par class, c’est plus d’un demi-million d’exclamations qu’il nous aura fallu absorber, voire supporter, pendant toute la durée de l’enseignement. Autant dire que dans ce contexte, la recherche de la diversité n’est pas un vain objectif…

Je passe rapidement sur le « cold call », la question d’entrée posée par le professeur pour lancer la discussion. On notera rapidement tout de même que cela fait en général trembler les élèves, qui craignent  de se trouver un peu secs d’entrée,  face à une salle comble qui n’attend qu’une chose, « build on the first comment®  ». C’est vrai qu’il vaut mieux prendre une direction correcte dans les meilleurs délais, sous peine de recevoir une avalanche de « to push back a little bit on what you just said » ou un peu plus pushy « with all due respect, I don’t really agree with you », voire un bon « you’re wrong »  bien cynique à la Française.

Passé l’entré en matière donc, il y a cette première catégorie que je qualifierais de « plain » comment®, quick an easy, le truc facile de début de discussion en réponse à la question bateau du professeur à laquelle personne n’ose vraiment répondre, du style« what’s an inflation targeting policy ? », sachant que la réponse est écrite noir sur blanc dans le cas (même si personne n’a vraiment compris les implications du concept, mais dans les faits, peu importe). C’est pas mal quand on a parcouru le cas la veille un peu trop rapidement, ça permet de se rendormir tranquille… Mais ça peut être risqué en cas de « follow-up question ». Comme nous le disait notre prof. d’entreprenariat de première année, alors qu’il dinait à la maison hier soir « Je cherche les gens qui font ce genre de comment®, puis je vérifie dans un second temps qu’ils ont vraiment lu le cas. C’est comme ça que j’identifie ceux qui auront les mauvaises notes, hé hé hé… ».  On le voit bien, ce genre d’approche ne rapporte pas beaucoup de « points », et on risque en plus de se faire reprendre plus tard sur des sujets plus complexes. A éviter autant que possible, donc.

Plus délicat à faire, surtout pour un non English speaker, le comment®  consistant reprendre rigoureusement le contenu du comment®  en le reformulant élégamment sans surtout rien ajouter marche pas mal de ce côté de la rivière. C’est certainement le plus classique, avec un bon 50% de part de marché je dirais, très ennuyeux aussi pour la classe. Mais bon, on fait ce qu’on peut…

Il y a aussi la comment®  réalisé « sur la base de ma grande expérience pré-HBS, lorsque j’étais exactement dans la même situation que le protagoniste de notre cas (souvent, le CEO de Wall Mart ou le ministre des finances du Brésil…), j’ai fait X et Y et tout s’est bien passé parce que je suis trop fort ». C’est pas mal, sauf quand c’est fait trop souvent par la même personne, qui suggère ainsi avoir travaillé dans toutes les industries du monde et s’être trouvé par le passé dans toutes les situations possibles, ça perd un peu en crédibilité, à la longue.

Heureusement, il y a aussi le « game changing or ‘flipping’ comment®  », la spécialité de Loeiz cette année. « Je crois que nous avons une vision erronée du cas, il faudrait à mon avis prendre du recul –step back- et considérer ce problème sous un autre angle » ou plus bullish encore « Je ne vois pas bien ce dont on parle depuis 20 minutes, pourrait-on définir les termes plus précisément ? ». C’est high-risk, high-reward. Et quand ça fait flop, ça fait mal…. Loeiz a cependant été décoré l’année dernière pour ses prestations de haut vol, ce qui prouverait qu’à priori, il fait en général plus de flip que de flop…

Et puis il y a le comment®  basé sur des convictions profondes, des valeurs, une vision. Assez vite, on arrive bien à anticiper ce que va dire l’étudiant coutumier du fait. Ainsi, Quentin s’est spécialisé dans les comments® à tendance « socialisante » : « Les subventions aux investissements direct étrangers  en France, c’est pas bien. Ca génère une compétition malsaine qui favorise le dumping social. Travailleurs, travailleuse… » ou alors « On ne peut pas continuellement mépriser les opérations. Le monde ne tourne pas autour de la finance ou du profit… ». Quand en plus, les exemples sont systématiquement adossés à une même industrie, l’automobile en l’occurrence dans le cas de notre ami Quentin, ça devient franchement prévisible - mais c’est toujours un grand plaisir à écouter, surtout quand c’est formulé plusieurs fois dans des cours différents… C’est ce qu’on appelle « jouer sur ses propres atouts », et ça marche pas mal. Pour ma part, j’ai pas mal tenté de créneau « gauche un peu réactionnaire qui veut la démocratie en Chine », et ça m’a inégalement réussi. Le chute du capitalisme n’est pas pour demain…

Enfin et pour conclure, il y a tout un tas de comment®  non catégorisables et sans vraiment d’essence, qui s’intègrent tant bien que mal dans la conversation, remplisse les blancs, permettent les transitions… et se construisent les uns sur les autres sans trop de structure, mais facilitent le boulot du professeur, qui a bien besoin de remplir son cours. J’en suis l’expert, même si j’admets que Guillaume -qui s’apprête à se lancer pré-retraire pour cause de paternité prochaine- me fait franchement concurrence sur ce créneau, histoire d’assurer une note de participations correcte. Faudrait que je pense à me repositionner !

Bref, on s’amuse comme des fous de l’autre côté de l’Atlantique, let’s keep going and commenting, plus que trois petits mois malheureusement….

lundi 8 février 2010

Moi aussi, je finance la guerre en Irak !

... ainsi que le renflouement d'AIG, le plan TARP et le salaire d'Obama... Enfin en partie, car avec mes 6,90$ de taxes pour 2009, je ne suis qu'une goutte d'eau dans la mer des finances Américaines.

Etre étudiant, c'est tout de même satisfaisant d'un point de vue fiscal... C'est en sorte une (bonne) raison de plus de faire un MBA !

lundi 1 février 2010

Encore quelques photos...


Et oui, j'alterne ! Après les cours, l'escalade....

Je fais un post de grimpe encore plus court que d'habitude, sachez simplement que ces images ont été prises ce week-end par -8°C -ce qui me vaut d'ailleurs une crève carabinée- la journée était superbe et je ne regrette rien (tant que j'ai mes deux poumons intacts...).







La vérité n’existe pas ?

Image courtesy of FlyingCam, a Chalair pilot, part-time in-cockpit photograph. Fly Chalair...!

Ou alors, elle est ailleurs... Je viens en effet d’assister à deux cours intéressants, pendant lesquels les professeurs, pour une fois pas simples animateurs-de-la-discussion-entre-élèves-qui-n’y-connaissent-rien mais véritables « thought leaders », ont exposé leurs idées sur « la fin de la vérité » -du moins, c’est comme ça que je le comprends. Pour une fois qu’on nous encourage à utiliser notre esprit critique dans cette école, je me régale !

Le cours de finance comportementale, pour commencer ; ou comment les modèles mathématiques et autres théories financières, rationnellement fonctionnels, n’expliquent que partiellement et avec une certaine médiocrité les  évolutions de la bourse et, plus généralement, de l'économie. Nous apprenons ainsi qu’il faut prendre en compte les biais psychologiques des acteurs financiers pour avoir une perspective plus fiable de la réalité boursière. Par exemple, l’effet « momentum » fait que les investisseurs ont tendance à suivre à la hausse les stocks qui montent ; ou l’effet « recency », qui fait que ces derniers ont tendance à se focaliser sur les toutes dernières nouvelles sorties, au lieu des « fondamentals » du stock… Tout cela parait évident, mais présenté agrémenté de quelques chiffres, ça fait réfléchir. Ainsi, un rapide sondage montre que 87% des élèves de la classe sont prêts à traverser la ville pour payer 39$ au lieu des 59$ affiché dans leur magasin pour un produit X, soit 15 minutes de marche pour économiser 20$. Mais seuls 50% (NB : dont moi, on ne se refait pas. Chez les Grenier-Poitevin, j’anticipe sans aucun doute un chiffre à 100% -mais ce serait l'objet d'une autre étude, plus complexe encore) des élèves se déplaceraient pour payer leur écran plat 1,479$ au lieu de 1,499$. Dans le second cas comme dans le premier, le déplacement est valorisé à 80$ de l’heure… et pourtant, les réactions engendrées sont fort différentes. Certes, on peut toujours expliquer ce phénomène rationnellement (e.g, l’écran plat, c’est un achat fait une fois tous les dix ans, alors que le truc cheap, c’est 10 fois par semaine, donc ça vaut le coup de faire un effort sur le truc cheap -logique discutable cependant à mon humble avis) mais la conclusion, c’est que nous ne nous comportons pas de manière rationnelle (20$, c’est 20$ dans les deux cas, non ?). Génial ! Je viens de prouver que l’être humain n’est pas rationnel, et oui, ça vaut le coup de lire ce blog ... Il y a heureusement un second take-away : en analysant (rationnellement) cette irrationalité, on peut s’enrichir (c'est le genre de conclusion très appréciée à HBS)! Amusant d’ailleurs, ces idées existent depuis les années 1980 –et donc bien avant la crise- et gagnent de plus en plus de terrain, la crise ayant justement rendu les investisseurs plus irrationnels encore… Bon, incroyable mais vrai, j’ai finalement swapé ce cours (essentiellement parce que les élèves de cette section étaient imbuvables, banquiers en herbe trop arrogants pour moi – la finance rassemblerait-elle certains types de caractères? Loeiz a gardé ce cours pourtant, je ne peux donc pas le croire…) pour un cours d’entreprenariat, j’espère que j’ai bien fait ! Et oui, on a droit à 5 cours par semestre, pas 6, il faut donc rationaliser le portefeuille…

Ce matin enfin, nous avons passé 80 minutes (pendant mon cours sur les effets des disruptions technologiques sur les Business Models des incumbents, un peu intello comme truc mais bien marrant) à analyser les éléments constitutifs d’une théorie, par opposition au simple framework dont l’enseignement d’HBS est si dépendant-rien de neuf en soi, mais c’était amusant de défoncer un article pour cause de manque de rigueur méthodologique, alors que ce même article est paru dans Harvard Business Review et… fut adulé par nous même élèves pendant 80 minutes dans un cours du semestre précédent – avec un autre prof. évidemment !

Bref, tout se passe bien de ce côté-ci de la rivière (NdT: la Business School est séparé de l’Harvard University par la Charles river), je vous confirme donc, si vous ne le saviez pas déjà, que le monde est irrationnel… et que certains cours ce semestre devraient être des plus distrayants !