lundi 29 mars 2010

Leçons de vie par Clayton Christensen



Cela fait des mois et des mois que je n’ai rien écrit et Thomas menace de me radier. Cela tombe bien, nous venons d’avoir une conférence passionnante que je m’en vais vous partager.
L’association des étudiants a cette année organise une série de conférence par les profs les plus populaires de l’école : Clayton Christensen, Michael Porter, Youngme Moon et David Moss.
L’idée est je pense née de la conférence donnée par Randy Pausch, professeur a l’université Carnegie Mellon qui, se sachant atteint d’une maladie incurable, avait donne un dernier cours avec des leçons de vie : achieve your childhood dreams.


Ci-joint la vidéo :




Clayton Christensen est un des professeurs les plus populaires de l’école et il a annonce en décembre dernier qu’il était atteint d’un cancer. Il s’avère qu’il va sans doute guérir mais cela a beaucoup ému dans l’école et l’amphi était plein de plus de 800 étudiants lors de la conférence la semaine dernière.

Nous avons tout d’abord eu droit a un résumé de sa théorie fondatrice de disruptive innovation. Comme je m’imagine bien que cela ennuie beaucoup de lecteurs, je ne vais pas développer ici mais vous pouvez trouver un résumé fidele la :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Technologie_de_rupture


Il a ensuite développé les trois questions qu’il a l’habitude d’aborder lors de la dernière session de son cours :

- Comment puis-je maximiser les chances d’être heureux dans ma vie professionnelle
- Comment puis-je éviter la pente glissante et finir en prison (sic)
- Que puis je faire pour m’assurer de garder une vie familiale épanouie ? (sous entendue ne pas finir riche, divorce et/ou avec des enfants que je vois tous les 2 ans)


Il a utilisé des concepts de son cours pour développer les trois questions. Je ne veux pas vous ennuyer avec les détails mais je voudrai partager les grandes leçons.


- Les personnes ambitieuses ont tendances à allouer leurs temps a des choses qui apportent des résultats tangibles rapide (finir une présentation, un budget, un email…) et délaissent les choses qui mettent du temps à produire des effets (passer du temps avec ses enfants, sa femme, …). Il nous recommande donc d’être conscients de ce biais et de faire attention à réserver des plages significatives de temps pour cultiver une vie de famille épanouie.

- Lorsqu’on fait une entorse à ses principes une fois, il devient plus facile de franchir cette limite à nouveau. Il recommande donc de ne jamais franchir les limites que nous nous sommes fixes, même « just this one time ».

- Il nous conseille de passer du temps à comprendre le but profond de notre vie. En effet, la vie se charge par des hasards de circonstances de nous mettre dans des situations qui peuvent de pas du tout correspondre à ce qu’on avait prévu sans qu’on se rendre toujours compte du glissement.


- Il nous conseille aussi de mettre vraiment en avant ce qui est important a nos yeux quitte a dire NON lorsqu'on nous demande de venir travailler a un moment réservé a la famille.


- Enfin, il nous conseille d’être conscients de la façon dont on veut être juge a notre mort : par l’argent accumule ou par la somme des gens que nous avons touche et aide lors de notre vie. Inutile de dire de quel coté il penche…


En conclusion, j’ai été positivement surpris par la profondeur des conseils de vie offert par ce professeur. Il était malade mais il a fait l’effort de nous parler en des termes familiers pour nous exhorter à vraiment penser à ce que nous voulions faire de nos vies.
Cette école nous parle trop peu souvent en ces termes honnêtes et sincères, nous disant que nous ne pouvons pas tout avoir ou tout faire, qu’il faut faire des choix, que l’argent n’est pas une fin mais un mirage….

jeudi 11 mars 2010

Combien ça coûte, une vie ?


Je me rappelle m’être posé cette question très tôt dans ma jeunesse, non pas parce que j’étais  très en avance sur mes collègues (c’est Margot, la prématurée de la famille, pas moi), mais parce que ça me semblait bien compliqué… Je me rappelle aussi très bien de la réponse qu’on m’avait donnée à l’époque : « Je ne sais pas.  Peut être. Tu verras…Cesse de poser des questions stupides ».

Cette question revient au galop ces jours-ci, alors que les politiciens Américains s’écharpent sur la question de la réforme du système de santé-qui  à priori ne devrait pas passer vu le climat politique actuel (j’espère que l’avenir me donnera tord cela dit). Question d’autant plus brûlante que des boîtes comme Genzyme on fait et font leur fortune sur des médicaments qui sauvent des vies, mais à prix d’or. Ainsi, Cerezyme, médicament qui permet de sauver la vie de patients atteints du Gaucher’s disease, une maladie héréditaire rare qui touche en particulier les enfants, génère plus de 1,2 milliards $ de vente pour seulement… 4 000 patients. Les maths sont rapides, ça coûte 300k$ par an et par patient  au système de santé Américain. C’est cher – mais il faut noter que bien que Genzyme ait (par le passé, ils ont quelques soucis en ce moment) fait de « jolis profits » avec ce médicament, les coûts de son développement se sont élevés à plus de 500M$, sans compter la R&D non productive qui a été lancée en parallèle pour s’attaquer à cette horrible maladie.
Pour lancer le débat donc, citons le patron de BioVision, himself (plus inspirationel les rédacteurs de de L’équipe):
« Saviez-vous qu'il existe sur le marché français (…) 3 médicaments qui coûtent plus de 1M€ par an et une vingtaine qui coûtent plus de 100.000€ par an ? En vertu de la loi qui prévoit que personne ne peut subir de perte de chance, la Sécu est obligée de rembourser ces traitements si prescris sinon le ministre va droit au pénal (…) ». Et de rappeler que 1M€, c’est le coût de ~15/20 infirmières à l'hôpital.
Alors, comment arbitrer ? Jusqu’à combien peut-on/doit-on dépenser pour sauver une vie ? La question n’est pas que théorique, et j’imagine que la réponse diffère suivant que l’on a un enfant en bas âge atteint de la maladie de Gaucher en question ou que l’on est jeune et en bonne santé avec la vie devant soi... Notons que comme en France, les Etats-Unis ont une politique qui –pour l’instant- ne regarde pas à la dépense. Contrairement à nos amis Anglais.

Ainsi en Angleterre, pays du libéralisme (ils n’ont pas seulement eu Tatcher, mais aussi A. Smith, Ricardo etc.. enfin bon, on est d’accord) un organisme, le NICE, est en charge des arbitrages de remboursement. Il s’agit essentiellement de déterminer quels médicaments/solutions médicales apportent le plus aux patients, et donc de comparer le ratio efficacité/coût. Ainsi, pour décider si un médicament doit ou non être remboursé par le système, une approche répondant à au doux acronyme de « QALY » a été mise en place. Je fais court : un an de vie en bonne santé vaut 1, en moyenne santé 0,5, et en mort, 0. Pour mesurer l’apport d’un nouveau médicament, on regarde simplement le nombre de QALY qu’il apporte (e.g. si je prends ce traitement anti-cancer, je gagne  3 ans de vie versus si je ne prends pas de traitement, dont deux en bonne santé et le troisième pas top, le traitement apporte donc 2,5 QALY). Grâce à cette méthode, il est possible de comparer l’apport de traitements et de le comparer à son coût et donc… de prioriser l’allocation des fonds du NHI. Ce qui est intéressant, c’est que NICE relie une valeur financière au nombre de QALY apporté, et c’est là que l’analyse, à mes yeux, se corse. La règle est qu’en moyenne, un médicament qui apporte 1 QALY, soit une année de vie en bonne santé, peut-être remboursé à hauteur de 50 k$ maximum.  Donc un médicament anti-cancer comme l’Avastin (développé et commercialisé par Genentech/Roche), qui a de bons résultats médicaux sur la population cible, n’est… pas remboursé en Angleterre. En effet, 
« For colorectal cancer (…) bevacizumab –le petit nom d’Avastin- extended life by 4.7 months (20.3 months vs. 15.6 months) in the initial study, at a cost of $42,800 to $55,000” soit près de 100k$ par QALY. 
Ça ne passe pas en Angleterre. Rassurons-nous (ou pas, c’est suivant le point de vue), ça passe en France et aux Etats-Unis, où le déficit de CMS (organisme qui gère Medicaire et Medicaid) est phénoménal et grandissant, et ne peux désormais plus être ignoré. Est-ce d'ailleurs nécessaire de parler des finance de notre chère et très valable sécurité sociale ?


Notons que cette “limite” de 50k$ n’est pas officielle mais officieuse. Remarquons aussi que l’UK dépense environ ~9% de son PNB en dépenses de santé (vs. 10% en France et Allemagne, et ~16% au Etats-Unis) et qu’l y a une réelle volonté de freiner les dépenses de l’autre côté de la manche. D’ailleurs, les dialyses (50k$ par an) sont totalement remboursés aux Etats-Unis, bien plus qu’en Angleterre, les personnes les plus âgées se voient en général refuser la procédure…

C’est un drame de ne pas donner un traitement existant à un patient pour une simple et bête question de coût. La vie est ce qu’il y a de plus cher. D’un point de vue marginal, elle n’a pas de prix. On paye des millions pour libérer des otages, quelque soit leur âge, sans se demander s’il l’enjeu est de 5 ou 20 QALY. Mais d’un point de vue plus global, il est clair que la question se pose. Combien de notre GDP peut-il être affecté aux dépenses de santé ? Et à l’éducation ? Et à a guerre ? 

NB : Allez, un petit calcul amusant : si on vit en moyenne 80 ans, et à 50k$ l’année de vie, chacun de nous vaut 4 million de $ au maximum aux yeux de NICE. Si on considère ~60 millions de Français, la « valeur » de la population Française est de 2,5x10^13$, soit en très gros 10 fois le PNB de la France. Si on discount ce PNB à un taux de 10%, l’analyse dit que la valeur financière de la France (10 fois sont PNB donc) est strictement égale à la valeur de sa … population, et le reste ne vaut rien. Marx aurait aimé le calcul, je pense pour ma part que nos amis économistes me répondront que l'analyse de NICE n’a de valeur que marginalement ! Jean-Yves ?

Supporteur Lyonnais expatrié, quel métier…

Vous le savez, et c’est désormais dans les livres d’histoire, dans l’Histoire avec un grand H même, l’OL vient de sortir brillamment le Real Madrid de la ligue de Champions, dans le vacarme du stade Espagnol de Santiago-Bernabeu. Citons l’Equipe (rare, mais tellement satisfaisant!) :
« Une pure merveille. Parfaitement inimaginable il y a un mois, rendue accessible par la victoire du match aller (…)  la qualification de Lyon pour les quarts de finale de la Ligue des champions aux dépens du Real Madrid a tonné dans le ciel de l'Europe ». Rien de moins.
Quelques mots, aussi, d’Emmanuel Petit, grand auteur et régulier chroniqueur de l’Equipe :
« (…) les Lyonnais ont pourtant été acculés par les Madrilènes qui voulaient se racheter par rapport à leur piètre performance de l'aller ». Tiens, moi aussi, je me rachèterais bien par rapport au fait que je fais des fautes d’orthographe dans mes billets… Passons, le style l’Equipe, c’est unique, et vous le saviez déjà.

Ce que vous ne savez pas, c’est que nous étions Guillaume et moi littéralement cloués devant l’écran de mon ordinateur hier après-midi, à tenter d’apercevoir en direct quelques images du match, par l’intermédiaire d’un site internet plus ou moins illégal nous donnant accès au direct télévisé des plus grandes chaînes européennes… Nous avons donc passé 90 minutes bien au chaud devant un mini-écran propulsé par un internet lentissime, apercevant tout juste par intervals irréguliers des images pixélisées d’une résolution digne des meilleurs écrans couleurs du siècle précédent, avec des pubs qui s’affichent et des pop-ups porno qui viennent à l’écran toutes les 30 secondes… Surtout, ne pas cliquer pour faire disparaître la pub intruse et simplement la subir, ne pas tout planter en tentant de « nettoyer » l’écran …. Faut être passionné.

Victoire, cependant - nos relances acharnées du stream inconsistant nous ont permis de l’admirer, ce but Lyonnais libérateur, à la 75ème minute, en direct ET au ralenti image par image (!) pour les raisons mentionnées précédemment. Le tout en espagnol, puisque le flux TF1 n’étais pas ouvert…
Bref, un grand moment, vécu par deux supporteurs enchantés, qui se prirent dans les bras l’un de l’autre avec passion au coup de sifflet final, libérateur, pour quelques instants seulement je l’admets. On ne rigole pas avec le « tactile », Guillaume est maintenant papa et je suis toujours étudiant, la communion (sous cette forme) ne peut se réaliser que dans un cadre footballistique, c’est certain.

A mon humble avis, l’accès illimité aux matchs de foot de l’OL en ligue des champions devrait être inscrit dans les droits de l’homme – à priori pas prévu pour demain au pays de Guantanamo. J’espère toutefois que nous aurons un peu plus que les deux prochains matchs à nous mettre sous la dent en 2010… On croise les doigts, et on chasse le « stream » !

lundi 8 mars 2010

C’est déjà le printemps ?


Certes, on voit pas mal de neige sur les images, mais la température remonte. Pas bien pour la cascade de glace, mais très bon pour le bloc !

NH Ice Update - March 5, 2010
Pretty much everything in the Valley is or will be toast pretty quickly. (...) The weather reports are predicting very warm daytime temps and a lot of sun through this weekend! It may just be time to start thinking about Humphrey's, the South Buttress and rock!

Première session donc ce dimanche avec Patrick, Frank et Nina, it’s good to be back on the rock! Et quelques images pour ma cousine Elsa d’un (joli !) serpent qui nous a traqué toute l’après midi  mais qui, heureusement, ne nous a pas empêché de grimper. Les experts me diront en regardant la photo s’il s’agissait d’un gentil ou d’un méchant serpent – pour ma part, je me suis tenu relativement éloigné de la bête… you never know. 














mardi 2 mars 2010

Quelques images de Hueco Tanks


Jérôme dans un V10/7C+ bloc bien teigneux dont le nom m'échappe

C'était il y a quinze jours maintenant- je suis décidément bien en retard... Nous étions à Hueco Tanks avec Jérôme et un ami Américain, Alex, pour grimper sur certains des plus beaux blocs... du monde, osons le terme.
Hueco, c'est un ancien site indien logé au milieu du désert dans le Sud Ouest du Texas, tout près de la frontière mexicaine, dans un parc national dont le règlement très strict limite drastiquement les entrées. C'est donc compliqué d'avoir un permis, mais en revanche, une fois le sésame obtenu (il faut réserver 6 mois à l’avance), c'est le paradis !
Moments d’escalade extraordinaires dans la nature, sur des rochers brûlants au soleil, en plein mois de février…Un régal.
 Je passe les détails logistiques qui ont bien failli ruiner le voyage (la tempête de sable qui à envoyé notre tente à un mile du camping en début de soirée, nous forçant à passer une nuit serrée dans une tente d'appoint – Axel, ne t’inquiète pas, nous l'avons bien retrouvé au petit matin; les deux nuits à l'hôtel - payées à l'aller comme au retour par la compagnie aérienne pas fichue d'assurer deux connections; la neige à l’aéroport de Dallas, ce qui n’était pas arrivé depuis des décennies…).
Bref, presque l’aventure ! 
Quelques images en musique - Florence & The machine, qui nous a guidée pendant ces trois jours. Si vous n'aimez pas le rock, tant pis! 

jeudi 25 février 2010

Encore un évenement social sur le campus!

Ci-joint le flyer que nous venons de recevoir dans nos boîtes aux lettre, faisant la promotion du "HBS talent show", un truc pas mal en fait, ou les étudiants démontrent leurs talents plus ou moins bien cachés devant le plus grand amphitéatre du campus, bondé pour l'occasion. Sauf que comme je ne suis pas trop motivé par le "Hot dog eating section contest" (cf. le bandeau jaune en bas à droite sur la photo), je crois que je ne vais pas y aller !

Notons tout de même que ce genre de compétitions est à la mode sur le nouveau continent, ci-joint quelques infos Wikipedia sur le sujet:
"In 2006 (...), six-time champion Takeru "Tsunami" Kobayashi and two-time defending champion Joey Chestnut were the favorites going into the contest; Chestnut prevailed by setting a new record of 68 hot dogs and buns in 10 minutes. Kobayashi was second with 64½. The contest was televised live on ESPN, which has held the broadcast rights for this event since 2004"
Dire que j'ai déjà du mal à avaler UN hot dog Américain à la sauce...  68, ça fait quand même beaucoup (et bien entendu, il est interdit de vomir-du moins, pendant l'épreuve).

Parfois, je me demande si je ne suis pas passé à côté de ma scolarité à HBS en évitant systématiquement ce genre d'évenements. Mais en général, ce sentiment ne dure pas trop, en fait...

vendredi 19 février 2010

Qu’est qu’un good «comment®»?


Me voila de retour à la tâche après une quinzaine de jours un peu plus tendue que d’habitude, pour cause de sur-activité sociales, sportives, et bien entendu académiques. Me voila donc reposé, et prêt à me pencher sur la question complexe du comment ®, pilier de l’enseignement à HBS.

Le comment®, c’est ce qui fait vivre la discussion pendant les 80 minutes de chaque cours, pas seulement l’écorce mais aussi la racine de la réflexion qui se passe sur le terrain, dans nos salles de classe, tous les jours. Bienvenu au cœur de l’excellence de l’enseignement l’Américain,  dans l’intimité d’un groupe d’étudiants à forts potentiels. Voici le secret de la réussite de ce sanctuaire du savoir et de la profondeur de l’insight, en marge de la Charles river dans les alentours de Cambridge,

Notons tout d’abord que le terme est précis ; on ne parle pas de « remarque », de « point » ou de « prise de position », surtout pas « d’opinion » ; le vocabulaire est précis, dans la culture d’HBS, c’est un comment®. Period.  Cette mise au point achevée, analysons maintenant les différentes typologies de comment®  qui existent-il y a heureusement plusieurs possibilités en terme de formulation, car à raison de 600 cas traités en deux ans, et en faisant l’hypothèse d’une centaines de comments® par class, c’est plus d’un demi-million d’exclamations qu’il nous aura fallu absorber, voire supporter, pendant toute la durée de l’enseignement. Autant dire que dans ce contexte, la recherche de la diversité n’est pas un vain objectif…

Je passe rapidement sur le « cold call », la question d’entrée posée par le professeur pour lancer la discussion. On notera rapidement tout de même que cela fait en général trembler les élèves, qui craignent  de se trouver un peu secs d’entrée,  face à une salle comble qui n’attend qu’une chose, « build on the first comment®  ». C’est vrai qu’il vaut mieux prendre une direction correcte dans les meilleurs délais, sous peine de recevoir une avalanche de « to push back a little bit on what you just said » ou un peu plus pushy « with all due respect, I don’t really agree with you », voire un bon « you’re wrong »  bien cynique à la Française.

Passé l’entré en matière donc, il y a cette première catégorie que je qualifierais de « plain » comment®, quick an easy, le truc facile de début de discussion en réponse à la question bateau du professeur à laquelle personne n’ose vraiment répondre, du style« what’s an inflation targeting policy ? », sachant que la réponse est écrite noir sur blanc dans le cas (même si personne n’a vraiment compris les implications du concept, mais dans les faits, peu importe). C’est pas mal quand on a parcouru le cas la veille un peu trop rapidement, ça permet de se rendormir tranquille… Mais ça peut être risqué en cas de « follow-up question ». Comme nous le disait notre prof. d’entreprenariat de première année, alors qu’il dinait à la maison hier soir « Je cherche les gens qui font ce genre de comment®, puis je vérifie dans un second temps qu’ils ont vraiment lu le cas. C’est comme ça que j’identifie ceux qui auront les mauvaises notes, hé hé hé… ».  On le voit bien, ce genre d’approche ne rapporte pas beaucoup de « points », et on risque en plus de se faire reprendre plus tard sur des sujets plus complexes. A éviter autant que possible, donc.

Plus délicat à faire, surtout pour un non English speaker, le comment®  consistant reprendre rigoureusement le contenu du comment®  en le reformulant élégamment sans surtout rien ajouter marche pas mal de ce côté de la rivière. C’est certainement le plus classique, avec un bon 50% de part de marché je dirais, très ennuyeux aussi pour la classe. Mais bon, on fait ce qu’on peut…

Il y a aussi la comment®  réalisé « sur la base de ma grande expérience pré-HBS, lorsque j’étais exactement dans la même situation que le protagoniste de notre cas (souvent, le CEO de Wall Mart ou le ministre des finances du Brésil…), j’ai fait X et Y et tout s’est bien passé parce que je suis trop fort ». C’est pas mal, sauf quand c’est fait trop souvent par la même personne, qui suggère ainsi avoir travaillé dans toutes les industries du monde et s’être trouvé par le passé dans toutes les situations possibles, ça perd un peu en crédibilité, à la longue.

Heureusement, il y a aussi le « game changing or ‘flipping’ comment®  », la spécialité de Loeiz cette année. « Je crois que nous avons une vision erronée du cas, il faudrait à mon avis prendre du recul –step back- et considérer ce problème sous un autre angle » ou plus bullish encore « Je ne vois pas bien ce dont on parle depuis 20 minutes, pourrait-on définir les termes plus précisément ? ». C’est high-risk, high-reward. Et quand ça fait flop, ça fait mal…. Loeiz a cependant été décoré l’année dernière pour ses prestations de haut vol, ce qui prouverait qu’à priori, il fait en général plus de flip que de flop…

Et puis il y a le comment®  basé sur des convictions profondes, des valeurs, une vision. Assez vite, on arrive bien à anticiper ce que va dire l’étudiant coutumier du fait. Ainsi, Quentin s’est spécialisé dans les comments® à tendance « socialisante » : « Les subventions aux investissements direct étrangers  en France, c’est pas bien. Ca génère une compétition malsaine qui favorise le dumping social. Travailleurs, travailleuse… » ou alors « On ne peut pas continuellement mépriser les opérations. Le monde ne tourne pas autour de la finance ou du profit… ». Quand en plus, les exemples sont systématiquement adossés à une même industrie, l’automobile en l’occurrence dans le cas de notre ami Quentin, ça devient franchement prévisible - mais c’est toujours un grand plaisir à écouter, surtout quand c’est formulé plusieurs fois dans des cours différents… C’est ce qu’on appelle « jouer sur ses propres atouts », et ça marche pas mal. Pour ma part, j’ai pas mal tenté de créneau « gauche un peu réactionnaire qui veut la démocratie en Chine », et ça m’a inégalement réussi. Le chute du capitalisme n’est pas pour demain…

Enfin et pour conclure, il y a tout un tas de comment®  non catégorisables et sans vraiment d’essence, qui s’intègrent tant bien que mal dans la conversation, remplisse les blancs, permettent les transitions… et se construisent les uns sur les autres sans trop de structure, mais facilitent le boulot du professeur, qui a bien besoin de remplir son cours. J’en suis l’expert, même si j’admets que Guillaume -qui s’apprête à se lancer pré-retraire pour cause de paternité prochaine- me fait franchement concurrence sur ce créneau, histoire d’assurer une note de participations correcte. Faudrait que je pense à me repositionner !

Bref, on s’amuse comme des fous de l’autre côté de l’Atlantique, let’s keep going and commenting, plus que trois petits mois malheureusement….

lundi 8 février 2010

Moi aussi, je finance la guerre en Irak !

... ainsi que le renflouement d'AIG, le plan TARP et le salaire d'Obama... Enfin en partie, car avec mes 6,90$ de taxes pour 2009, je ne suis qu'une goutte d'eau dans la mer des finances Américaines.

Etre étudiant, c'est tout de même satisfaisant d'un point de vue fiscal... C'est en sorte une (bonne) raison de plus de faire un MBA !

lundi 1 février 2010

Encore quelques photos...


Et oui, j'alterne ! Après les cours, l'escalade....

Je fais un post de grimpe encore plus court que d'habitude, sachez simplement que ces images ont été prises ce week-end par -8°C -ce qui me vaut d'ailleurs une crève carabinée- la journée était superbe et je ne regrette rien (tant que j'ai mes deux poumons intacts...).







La vérité n’existe pas ?

Image courtesy of FlyingCam, a Chalair pilot, part-time in-cockpit photograph. Fly Chalair...!

Ou alors, elle est ailleurs... Je viens en effet d’assister à deux cours intéressants, pendant lesquels les professeurs, pour une fois pas simples animateurs-de-la-discussion-entre-élèves-qui-n’y-connaissent-rien mais véritables « thought leaders », ont exposé leurs idées sur « la fin de la vérité » -du moins, c’est comme ça que je le comprends. Pour une fois qu’on nous encourage à utiliser notre esprit critique dans cette école, je me régale !

Le cours de finance comportementale, pour commencer ; ou comment les modèles mathématiques et autres théories financières, rationnellement fonctionnels, n’expliquent que partiellement et avec une certaine médiocrité les  évolutions de la bourse et, plus généralement, de l'économie. Nous apprenons ainsi qu’il faut prendre en compte les biais psychologiques des acteurs financiers pour avoir une perspective plus fiable de la réalité boursière. Par exemple, l’effet « momentum » fait que les investisseurs ont tendance à suivre à la hausse les stocks qui montent ; ou l’effet « recency », qui fait que ces derniers ont tendance à se focaliser sur les toutes dernières nouvelles sorties, au lieu des « fondamentals » du stock… Tout cela parait évident, mais présenté agrémenté de quelques chiffres, ça fait réfléchir. Ainsi, un rapide sondage montre que 87% des élèves de la classe sont prêts à traverser la ville pour payer 39$ au lieu des 59$ affiché dans leur magasin pour un produit X, soit 15 minutes de marche pour économiser 20$. Mais seuls 50% (NB : dont moi, on ne se refait pas. Chez les Grenier-Poitevin, j’anticipe sans aucun doute un chiffre à 100% -mais ce serait l'objet d'une autre étude, plus complexe encore) des élèves se déplaceraient pour payer leur écran plat 1,479$ au lieu de 1,499$. Dans le second cas comme dans le premier, le déplacement est valorisé à 80$ de l’heure… et pourtant, les réactions engendrées sont fort différentes. Certes, on peut toujours expliquer ce phénomène rationnellement (e.g, l’écran plat, c’est un achat fait une fois tous les dix ans, alors que le truc cheap, c’est 10 fois par semaine, donc ça vaut le coup de faire un effort sur le truc cheap -logique discutable cependant à mon humble avis) mais la conclusion, c’est que nous ne nous comportons pas de manière rationnelle (20$, c’est 20$ dans les deux cas, non ?). Génial ! Je viens de prouver que l’être humain n’est pas rationnel, et oui, ça vaut le coup de lire ce blog ... Il y a heureusement un second take-away : en analysant (rationnellement) cette irrationalité, on peut s’enrichir (c'est le genre de conclusion très appréciée à HBS)! Amusant d’ailleurs, ces idées existent depuis les années 1980 –et donc bien avant la crise- et gagnent de plus en plus de terrain, la crise ayant justement rendu les investisseurs plus irrationnels encore… Bon, incroyable mais vrai, j’ai finalement swapé ce cours (essentiellement parce que les élèves de cette section étaient imbuvables, banquiers en herbe trop arrogants pour moi – la finance rassemblerait-elle certains types de caractères? Loeiz a gardé ce cours pourtant, je ne peux donc pas le croire…) pour un cours d’entreprenariat, j’espère que j’ai bien fait ! Et oui, on a droit à 5 cours par semestre, pas 6, il faut donc rationaliser le portefeuille…

Ce matin enfin, nous avons passé 80 minutes (pendant mon cours sur les effets des disruptions technologiques sur les Business Models des incumbents, un peu intello comme truc mais bien marrant) à analyser les éléments constitutifs d’une théorie, par opposition au simple framework dont l’enseignement d’HBS est si dépendant-rien de neuf en soi, mais c’était amusant de défoncer un article pour cause de manque de rigueur méthodologique, alors que ce même article est paru dans Harvard Business Review et… fut adulé par nous même élèves pendant 80 minutes dans un cours du semestre précédent – avec un autre prof. évidemment !

Bref, tout se passe bien de ce côté-ci de la rivière (NdT: la Business School est séparé de l’Harvard University par la Charles river), je vous confirme donc, si vous ne le saviez pas déjà, que le monde est irrationnel… et que certains cours ce semestre devraient être des plus distrayants !

vendredi 29 janvier 2010

Hiver Bostonien

Ici, c’est l’hiver, c’est certain. Il neige, il pleut, il gèle… enfin il neige surtout. Ici, comme me disait la patronne de la healthcare initiative la semaine dernière, « you’d better like winter sports… ». Certes.
Mais la météo nous donne quelques merveilleuses journées de ciel bleu, glacées, ces journées idéales pour faire de la cascade de glace, ou du bloc au dessus des étangs gelés de Providence ! Je fais un post assez court car je sais que mes aventures d’escalade n’intéressent à peu près que moi, et éventuellement Nico et Nell’, c’est à peu près tout – mais ces photos, elles ne donnent pas envie de s’y mettre pour de bon? Promis, après ce post météo, je ferai un post cuisine, il n’y a pas de petits sujets !

Cascade de Glace du côté du lace Placid, Upstate New York. Remarquons que j'ai réussi à ne pas casse le fin cigare sur lequel je m'escrime...

Dieu existe,il est partout dans la nature !

Un pote, mais je ne sais plus qui...


Jérôme en pleine aciotn à Lincoln Woods

Dans Barbed Wire, un V9/7C retord, que Jérôme a dû boien faire 100 fois ces 5 dernières années... Pour ma part, je l'ai fait une fois en tout est pour tout, et cela me suffit bien !


Showing off dans un bloc pas si difficile... Remarquons le lac gelé dans le fond


Jérôme dans un autre V9

Meghan dans un joli bloc en fin de journée

jeudi 21 janvier 2010

Du networking aux Etats-Unis






Me voila de retour à ma plume, après une quinzaine bien animée : un « intenssive seminar » (comprendre ; deux heures de cours par jour…) sur l’échec puis une « immersion experience », plus intense en revanche, dans le milieu des biotechs et des fonds de capital risque de Boston m’ont en fait bien occupé.

Honnêtement, c’était vraiment passionnant, un de mes meilleurs moments à HBS. Nous avons ainsi visité 6 boîtes de life science, qui comme Urogene n’ont pas de produits mais beaucoup de promesses,  plus trop d’argent mais l’espoir de changer le monde, un CEO super expérimenté et une équipe qui se compte souvent sur les doigts d’une main… et surtout beaucoup d’énergie, de passion et de foi dans la vision de l’entreprise et ce qui se fait de mieux en science aujourd’hui. Statistiquement, 5 de ces 6 boîtes devraient faire faillite dans les deux ans, mais c’est le prix à payer pour soigner le cancer !

Plus distrayantes ont été nos discussions sur le networking à l’Américaine avec les managers rencontrés. Pour Cara, en charge de l’initiative healthcare a HBS, « you should send an email to one personn you haven’t talk too for a long time every Friday, that’s important » ; pourquoi pas, meme si l’aspect systématique du procédé me derange un peu… Graham, pour sa part, “spent 18  months at HBS having breakfast, lunch and dinner with people he wanted to network with”. Mike, enfin, affirme que “you should never, ever, have lunch alone. Invinte people to meet at your table!”. Mais le plus fort de tous, c’est quand même Josh: “My goal is to meet a new person, someone I have never talked to, every single day”…


Je ne sais pas ce qu’ils ont tous à être si quantitatifs dans leurs relations humaines, mais pour ma part, je suis incapable de faire de tels efforts… ça doit être mon côté introverti, ou paresseux, parce que moi, ça me fatigue franchement de papillonner pour rencontrer des tas de gens. Il paraît cependant que « networker », c’est une des deux premières raisons pour laquelle les étudiants vont à HBS (je ne me rappelle plus trop de la première en revanche… l’escalade ?).

Cessons d’être cyniques cependant, et embrassons le mode de vie de la population locale, je prends ici l’engagement de faire un petit effort ce trimestre, and « try to make the most out of my HBS experience » ! By the way, rencontrer des grimpeurs… ça compte ou pas ?

lundi 11 janvier 2010

Good news or bad news ?


"Pakistan climbing fees frozen another year Pakistan Climbing fees, cut in half since 2006, are remaining the same for one more year. The climbing permit for a team of seven on K2 is $6000 (plus $1000 per each extra member), and just $4500 for 7pax teams ($750 per extra member) on the rest of Pakistan’s 8000ers." 
Finalement, c'est peut-être une mauvaise nouvelle en fait. Certes, les alpinistes, cette année encore, paieront moins cher leur ticket pour les plus belles montagnes du monde, mais en même temps, cette annonce signifie que le tourisme ne repart toujours pas là-bas... Décidément, le terrorisme est un véritable drame.

dimanche 10 janvier 2010

Early January in New York, 2010


Lower East Side, et les éternelles escaliers de secours sur ces façades toutes identiques


Quelques images faites ces jours derniers, dans une ville gelée mais toujours accueillante, et qui n'a décidemment rien à voir avec les Etats-Unis. C’est un cliché, mais que d’énergie dans l’antre de Big-Apple ! Et des souvenirs, toujours, de ces quelques mois passés entre 29eme étage dans une des tours du Rockfeller center et les petites rues au cœur de Harlem, tout là haut, vers la 138eme. C’était en 2004, déjà. Tout cela ne me rajeunit pas….



En route vers la liberté ! Si peu de touristes, cette fois...


Au port, le soleil se lève. Pour quelques instants seulement


Honneur aux marines, tués sur le champs de bataille. Les stelles sont effrayantes, grises...


Central park sud au petit matin


Dans le fond, l'upper west side









Une patinoire au coeur de la capitale financière de la planète, dans le poumon de la ville.




Harvard Business School: A World Of Opportunities



New York, central Park, hier après-midi.

Je tombe à l’instant sur cet article du Financial Times, dont je vous propose les extraits suivants.

“In recent years, there has grown up a culture of discontent among the highly educated young something that seems to flare up, especially, when people reach their late 20s and early 30s. It arises not from frustration caused by lack of opportunity, as may have been true in the past, but from an excess of possibilities.
(…) the late 20s to early 30s are often considered a period of reappraisal. (…) when people manage to remain free of financial or family burdens, and where the perceived opportunities for alternative careers are many, the reappraisal is likely to be strong.
(…) Among no social group is this more true than the modern, International, professional elite: that tribe of young bankers, lawyers, consultants and managers for whom financial, familial, personal, corporate and (increasingly) national ties have become irrelevant. Often they grew up in one country, were educated in another, and are now working in a third. They are independent, well paid, and enriched by experiences that many of their parents could only dream of. Yet, by their late 20s, many carry a sense of disappointment: that for all their opportunities, freedoms and achievements, life has not delivered quite what they had hoped. At the heart of this disillusionment lies a new attitude towards work.
(...) Jobs are no longer just jobs; they are lifestyle options. (…) This leads to the popular fallacy that you can measure the value of your job (and, therefore, the amount you are learning from it) by the amount of time you spend on it. (…) Thus, whereas in the past, when people in their 20s or 30s spoke disparagingly about nine-to-five jobs it was invariably because they were seen as too routine, too unimaginative, or too bourgeois. Now, it is simply because they don't contain enough hours.
(…) Jane, a 29-year-old corporate lawyer who works in the City of London, tells a story about working on a deal with another lawyer, a young man in his early 30s. At about 3am, he leant over the boardroom desk and said: "Isn't this great? This is when I really love my job." What most struck her about the remark was that the work was irrelevant (she says it was actually rather boring); her colleague simply liked the idea of working late.
Unfortunately, when people can convince themselves that all they need do in order to lead fulfilled and happy lives is to work long hours, they can quickly start to lose reasons for their existence.
(…) Nothing is valued so highly as accumulated experience. Nothing is neglected so much as commitment. (…) Kathryn is a successful American academic, 29, who bucked the trend of her generation: she recently turned her life round for someone else. She moved to the UK, specifically, to be with a man, a decision that she says few of her contemporaries understood. "We're not meant to say: 'I made this decision for this person. Today, you're meant to do things for yourself. If you're willing to make sacrifices for others - especially if you're a woman - that's seen as a kind of weakness. I wonder, though, is doing things for yourself really empowerment, or is liberty a kind of trap?" she says.
(…) "Loneliness is better than boredom" is Jane's philosophy.(…)
(…) The notion that one can do anything is clearly liberating. But life without constraints has also proved a recipe for endless searching, endless questioning of aspirations. It has made this generation obsessed with self-development and determined, for as long as possible; to minimize personal commitments in order to maximize the options open to them. One might see this as a sign of extended adolescence. Eventually, they will be forced to realize that living is as much about closing possibilities as it is about creating them.

A première vue, il ne s’agit que de dilemmes d’enfants gâtés, qui auraient meilleur temps de tenter de comprendre ce qu’est la vie de leurs contemporains Smicards qui galèrent dans une société matérialiste, parce que pas parfaitement intégrés au système… A l’heure où l’on parle en France de l’élitisme des Grandes Ecoles et de leur nécessaire refondation, ce thème peu même sembler indécent – les simagrées de ces favorisés sont bien futiles me direz-vous. Et puis, est-ce vraiment si difficile de choisir ? Etre avocat, banquier ou consultant, c’est certes beaucoup de travail, mais ce sont des jobs franchement « dorés » !
Il se trouve que j’ai autour de moi pas mal d’amis dans cette délicate situation où « tout semble possible » – et d’une certaine manière, je pourrais dire que je m’y trouve aussi. Nous avons eu la chance d’avoir été supporté par nos parents dès notre plus jeunes âge, qui nous ont ensuite envoyé dans les bonnes écoles, nous ont dicté nos dissertations de Français quand nous étions au collège, poussé à faire du violon et du solfège pendant plus de 10 ans – et jusqu’au bout !-, empêché de toute leur force de devenir footballeur ou grimpeur professionnel bref, je fais partie de ces jeunes qui ont eu de la chance. Nous sentons donc que nous avons des responsabilités, «we have to give back » comme disent mes amis américains – mais avant de « rendre », il faut déjà être sûr d’avoir quelque chose à donner… Car si la réussite scolaire est une chose, réussir sa vie en est une (toute) autre. Non pas que je sois hyper expérimenté sur ce sujet à ce stade, certes... mais cette hypothèse me semble raisonnable. Alors, pourquoi est-ce si dur d’être un jeune diplômé qui a la vie devant lui? Voici quelques idées qui me viennent en tête :


  • Choisir, c’est se lancer sur un chemin, et donc renoncer à un autre, laisser de côté une opportunité qui a priori a de la valeur. Et plus l’opportunité sacrifiée est valable, plus le choix est cornélien…. Certes, on peut voir le dilemme de manière positive, en observant que faire un bon choix mène à suivre le chemin préféré, plutôt que de penser négativement en se focalisant sur l’opportunité abandonnée mais… il y a toujours le risque de faire un mauvais choix. Au moins, quand on n’a pas le choix, on ne risque pas de se tromper d’alternative. Je sais, c’est ridicule, mais c’est (au moins partiellement) vrai.
  • En général, on ne nous a pas trop appris à prendre des risques. Et jusque là, si le chemin que nous avons suivi fut difficile, il a toujours été peu risqué. Sauf bien sûr pour les quelqu’un d’entre nous qui ont décidé de passer leur été en Himalaya - mais comme je le dit depuis plusieurs année maintenant, lorsque tout est bien préparé, le risque est réduit.
  • Nous sommes encore à peu près lucides, si si. Et conscients qu’un diplôme d’HBS ou quelques années dans un cabinet d’avocat Parisien respectable, ça a une grande valeur dans un certain contexte. Mais dès que l’on quitte notre petit monde pour un autre plus généralement partagé, monde qui ne reconnaît pas tant le diplôme que l’expérience ou la compétence réelle, le bout de papier, même encadré dans un joli cadre grand format, ne vaut plus grand-chose… Nous savons que si la moyenne de rémunération des étudiants d’HBS en sortie d’école est d’environ Xk$ (largement due aux salaires de la finance aux Etats-Unis d’ailleurs-donc mon cas est différent!), ce chiffre doit être pris avec pas mal de recul...
  • Se noyer dans le travail, c’est aussi un bon moyen pour ne pas avoir à trop réfléchir sur ces questions plus profondes du « où-suis, je où vais-je et qui suis-je… ». La chute n’en sera que plus dure, mais faire l’Autruche, ça peut marcher pas mal d’années, non ?
  • Etc… mais je suis fatigué et j’ai envoie aller me coucher, et de toutes façons vu la longueur du post, plus personne ne me lis, là…
J’achève donc premier message de 2010 en vous souhaitant une excellente année - bien que ce soit redondant puisque j’ai eu l’occasion de le faire de vie voix auprès de 90% de mon lectorat à Noël. Vous pouvez pour votre part me souhaiter pour votre part ce réussir mon projet Pakistanais cet été, et d’éventuellement ne pas trop négliger ma vie spirituelle, qui certainement devrait m’aider à avancer sur ces questions, avant que je ne les évite plus franchement !