dimanche 4 octobre 2009

Go Bruins !!!



Hier soir, Loeiz avait décidé de prendre en charge notre inculture des sports US...
Il nous a donc emmenés voir les Boston Bruins jouer contre les Caroline Hurricane au Banknorth center de Boston. Hallucinant !!!

C’est un stade aux dimensions de Bercy, où jouent alternativement les Boston Celtics (Basket) et les Boston Bruins (Hockey). Ce qui est simple, si vous êtes perdu dans Boston pour aller au stade, c’est de suivre les supporters qui portent le maillot des Bruins ou crient des « Go Bruins » !!


Le match est plutôt un show typiquement américain, sans temps mort, avec un steward qui chauffe à blanc les supporters. Il y a les moments typiquement américain genre « kiss cam » où l’ecran géant affiche des couples qui doivent s’embrasser devant 15 000 personnes, le « best fan of the night » où la camera cherche le fan qui se défonce le plus pour supporter son équipe. C’est bon enfant et très marrant à regarder.

Le match de hockey en lui-même, est très rapide. Comme dirait Loeiz, les règles du foot sont un bon proxy en première approximation des règles du hockey. Quelques différences notables :

- Seule la crosse est autorisée
- Les joueurs qui font des fautes sont punis par x min de prison
- Les pugilats sont autorisés ! C’est une particularité de la ligue américaine (et canadienne). Les arbitres tolèrent les bataillent rangées et il y a un code d’honneur non écrit sur la façon dont ces combats se déroulent. (ci-joint l’article Wikipedia sur le sujet pour ne pas soûler tout le monde : http://fr.wikipedia.org/wiki/Combat_au_hockey_sur_glace)



C’est sans doute ce qui m’a le plus marqué. Alors qu’en Europe, on fait un foin autour du moindre écart de conduite d’un joueur de foot (le pauvre Zidane en finale en 2006), ici, on promeut les matches de boxe sur glace…

Je caricature car il y a des voix qui se font entendre pour leur interdiction mais globalement, c’est quand même limite, surtout qu’il y a beaucoup de jeunes que les parents emmènent au match de Hockey.

Bilan, une super soirée pour améliorer notre connaissance des sports US. Prochaine étape, un match des Celtics et un match des Red Soxs !

dimanche 20 septembre 2009

Well, that’s the cost of doing Business!

Mike Horn, sponsorisé par Rolex. Un homme, un vrai !

Nous étions confortablement installés en cours avec mon ami Tenzing, dans l’extrême coin droit de l’amphithéâtre où nous étions des plus discrets (!), alors que nos collègues « analysaient » (terme dont on abuse souvent à HBS, d’autres auraient plutôt dit « décrivaient ») la création de Rolex et que la classe dissertait sur « la valeur de la marque ». Question de la plus haute importance, vous en conviendrez vous aussi.

Un instant avant, je n’avais pas réagi lorsqu’un Américain du Midwest -où d’un coin paumé du genre- avec traité les produits de LVMH de « crap » dans leur intégralité, assimilant ainsi naïvement les sacs Luis Vuitton (là j’étais d’accord avec lui) au Cognac, château Petrus et autre Cheval Blanc qui sont aussi propriété de la marque (là du coup, j’étais nettement moins d’accord)… mais je m’étais rendormi car on ne peut pas tous les jours tenter de sauver l’honneur de sa patrie, que voulez-vous. Et il affirmait avec tant de conviction que son vin Californien était bien meilleur que le notre que j’ai eu un peu pitié car vraiment leur vin, il faut le boire…

Mais lorsque Brian, 25 ans, a tenter d’expliquer à haute voix pourquoi il portait une Rolex a plusieurs milliers de dollars, je me suis réveillé pour de bon lorsqu'il a dit:

« You know, I need this watch. That’s the cost of doing business! Well, if you have a 25$ watch at a meeting, what are you doing here? You’re not part of it, you don’t deserve to be there. And of course, if you have a fake Rolex, you lose all your credibility for the rest of your career…”

J’imagine que Brian fut plutôt banquier d’affaires en herbe que travailleur social dans le passé, et j’ai explosé de rire d’un seul coup en regardant Tenzing…. Lui m’a regardé et m’a lancé désabusé « this guy is … crap ». La sagesse Tibétaine, sûrement.

The Prow, voie mythique de Cathedral Ledge

J’étais samedi avec deux nouveau amis, Mike (en école de médecine à Harvard) et Josch (avocat d’affaires « désabusé », qui a décidé d’arrêter de travailler quelques temps), Américains ouverts d’esprit et vraiment sympathiques. Nous avons gravi « The Prow », 6 longueurs en 7A max, sur coinceurs avec quelques spits éparpillés ça et là. Je la fais courte car Margot m’a dit qu’elle ne lisait plus mes post d’escalade trop ennuyeux - retenez donc que cette voie est magique, que j’ai eu l’occasion de faire un effort psychologique prononcé dans un petit toit qui se trouvait sur mon chemin, puis que j’y retournerai sûrement dans 15 jours faire la variation de sortie en 8A –idéalement sans trop tirer aux clous…- stay tune comme on dit ici !

mercredi 16 septembre 2009

Je ne résiste pas...

Pour ceux qui ont suivi l récente polémique sur le site "Raelien" de notre Ségolène nationale, voici une image "personalisée" issu du site http://tinyurl.com/r2m25l (un désir d'avenirs generator, personnalisable à souhait) à hurler de rire, si le sujet n'était pas si important...Heureusement, je viens de croiser un de mes amis Français de la Harvard Kenedy School, qui me disait vouloir s'engager pour la campagne du PS en 2012 aux côté de nos amis socialistes... ça fera toujours du sang neuf !

Ballade alpine : du Besso au Triftorn

Et oui, c’était il y a plus d’un mois maintenant, j’étais à Grimentz en Suisse pour faire du parapente, de la randonnée et… de la montagne, of course – en famille. Nous avons tourné ces quelques images que j’ai montées -malheureusement rapidement- ce week-end, qui je n’en doute pas feront rejaillir la nostalgie de ces étés Suisses en famille qui heureusement se reproduisent chaque année.

Quant à l’humour des deux autres protagonistes de la vidéo, je m’en délecte toujours et j’espère qu’il est appréciable (bien qu’assez « particulier ») par une communauté un peu plus large que ses seuls auteurs et spectateurs directs!


samedi 12 septembre 2009

Premier week-end, premières grandes voies


Dans la quatrième longueur de VMC directe, un 5.11/6B fin et exigeant.

Anachronisme des vacances – après seulement quelques jours de cours, un week-end de trois jours nous fut offert, au grand bonheur des étudiants de premières année qui on pu écumer les allées d’IKEA, quelle chance. Etant désormais en seconde année (et oui !), la corvée « meubles » est derrière moi, et j’ai pu en toute bonne conscience reprendre contact avec mes potes physiciens d’Harvard.

Nous sommes samedi, il est 19 heures, coup de fil de inattendu de Frank (ce mec aussi génial qu’il soit est incapable de prévoir quoique ce soit de manière construite) « Thomas, let’s leave right now, we’ll climb at cannon this night, it’s a full moon nigh, we simply cannot miss it ! ».

Cannon ? C’est le plus grand mur de la côté Est, un big wall de plus de 250 mètres composé d’un rocher de qualité inégale voire franchement instable à certains endroits, dont la réputation n’a d’égale que les exploits qui s’y sont déroulés dans la seconde partie du XXème siècle. Je n’y ai jamais grimpé, mais connais comme tout le monde la fameuse « VMC directe », superbe voie réalisée en 17 longueurs dans les années 1970 en escalade artificielle, une belle performance à l’époque pour les grimpeurs de nouvelle Angleterre (on faisait déjà bien plus dur dans les alpes, mais n’insistons pas). Cannon, je n’y ai encore jamais mis les pieds, mais je suis passé devant plusieurs fois avec Jonathan l’hiver lorsque nous allions faire de la cascade de glace dans la région. C’est un des deux canyons par lequel l’air glacé venant du Canada se déverse vers le sud, après s’être frotté aux flancs abruptes du Mont Washington – un venturi pour le mon rafraîchissant, donc.

On saute donc dans la voiture, et vers 23 heures, nous retrouvons Mike et Ryan sur le parking, deux amis Américains que j’avais croisé à Rumney l’année dernière. Nous ferons deux cordées dans une voie facile de 8 longueurs, à la lueur de la lune- et de la lampe frontale. La marche d’approche est délicate, dans un pierrier instable, et mon genou droit blessé cet été me fait mal. Peu importe, nous continuons et nous engageons sans plus tarder dans les premières longueurs (faciles) avec enthousiasme. Peu à peu, la lune se révèle et nous éclaire, nous éteignons les lampes. Quel bonheur ! Nous nous retrouvons tous les quatre aux relais pour contempler le ciel alors que la falaise se dérobe peu à peu sous nos pieds. Pas de vertige cependant car l’abîme non encore éclairée par la lune est d’un noir profond qui ignore le vide.

Sommet. Il est deux heures du matin. Je suis heureux.


Après l'effort...

Le lendemain, le lever est un peu dur (nous partirons donc dans l’après-midi) mais nous décidons avec Frank de nous attaquer à la fameuse VMC directe. 8 longueurs en 6B/C max (la voie se fait en libre depuis les années 1980), quasiment entièrement sur coinceurs, pas de relais en place. Nos deux amis feront quant à eux une voie parallèle. Frank n’est pas trop à l’aise sur ce terrain, alors je prends la tête, un peu anxieux au début puis de plus en plus cool au fur et à mesure que nous déroulons les difficultés. En haut de la septième longueur, la nuit tombe, et je finis l’escalade (plus facile sur le haut) à la frontale. Nous nous retrouvons tous les 4 congelés au sommet avec un seule frontale (sic), la lune n’est pas encore montée et nous n’y voyons rien. Pas question de descendre par le sentier en chaussons, nous nous lançons donc dans un rappel mémorable le long de la face que nos amis avaient heureusement emprunté quelques jours avant. La descente est parfaitement verticale et se déroule par tranches de 70 mètres le long de nos cordes nouées bout à bout. Nous naviguons de nuit dans un océan de rocher, guidés uniquement par la corde qui plonge dans le vide. Parois, les rappels traversent et il faut viser le point d’arrivé éclairé par la frontale prêté à celui qui est descendu en premier, au milieu de nulle part. Grandioses impressions de liberté, nous sommes seuls dans notre univers… Nous chantons pour nous réchauffer, ça blague sec aux relais. Dans le lointain, une voiture fait des appels de phare – nous apprendrons plus tard que la police a reçu 5-6 coups de fil de conducteurs s’étaient inquiétés à la vue de notre frontale qui descendait dans la nuit le long de la plus grande falaise de la vallée. Nous, nous sommes bien, les jambes ballantes, pendus à nos relais puis voguant d’un point à un autre. Descendre parce qu’il fait froid et qu’on a faim, mais nous aurions pu continuer ainsi sans jamais nous arrêter…

Nous avons fait deux voies côte à côte; ici Ryan et Mike.


En tête dans la seconde longuer de VMC directe, c'est fin et fissuré.

Retour aux études


Dans un "virtuoso team", il faut des experts. Guillaume a pour sa part, beaucoup contribué à la réussite artistique de notre projet, réhaussant le moral de l'équipe en fin de soirée.

Et oui, après 3 mois de vagabondages Parisiens puis Provençaux, il était temps de mobiliser mon intellect endolori par l’altitude (certes modérée, mais tout de même) des mes aventures montagnardes du mois d’Août. Bonne nouvelle, les cours ont repris il y a dix jours, et mon rythme désormais familier (cours + escalade + lecture + sieste) s’est rétabli surprenament vite.

Arrivés la veille de la rentrée, nous avons eu la belle opportunité de nous ré-acclimater à notre appartement en nous régalant de 10 heures de ménages avec Loeiz pour nettoyer notre cocon sous-loué pour l’été à deux jeunes étudiantes d’Harvard qui visiblement n’ont pas la même conception que nous de la propreté…

Heureusement, tout de suite, passés les discours de rentré (« Be selfish, this is YOUR year, focus on YOURSELF ! nous a dit le directeur du programme MBA, avant de tout de même glisser vers la fin un timide « But dont’ forget other people on campus, though»), il a fallu s’assoir de nouveau dans des amphis remplis de 90 élèves et… lever la main pour faire des commentaires les moins inintéressants possible, puisque c’est le jeu. Amphis pleins, mais vidés tout de même d’environ 5% de la promotion, puisque les commentaires de certains n’étaient visiblement pas assez bon pour leur permettre de rentrer en seconde année, et parce que d’autres ont préféré prendre une année off, sûrement pour digérer la profondeur de notre apprentissage de première année. Mais j’avoue que c’est agréable de retrouver les copains de la section H, même si nous sommes désormais séparés puisque chacun choisi ses propres cours. Pour ma part, j’ai un mix d’entreprenariat, de finance, d’Healthcare, d’Histoire et de leadeship - je suis assez content du programme que j’ai pu obtenir, sentiment assez général finalement.

Cela dit, un bon commentaire, ça se prépare, et il faut parfois faire des modèles pour y parvenir, vu que c’est l’objet de certains cas…. Pas de modèle, pas de commentaires, et je m’étais résolu à me positioner de manière plus « qualitative » que « quantitative », quitte même à ne rien dire du tout pour mon premier cours de redressement d’entreprises en difficulté. En effet, ce cher professeur nous avait annoncé que les trois premières semaines seraient un peu « spéciales » et qu’il nous faudrait environ 10 heures d’effort pour parvenir à produire ce premier modèle, dont l’énoncé il est vrai, n’était pas très exicitant… Mais mercredi en fin d’après midi, la veille de ce premier cours donc, j’eu l’honneur et la chance de reçevoir le mail suivant de mon nouveau professeur:

Dear Thomas

Would you and your team be willing to present and discuss your model for Bonne Chance (sic!) in class tomorrow? If you could send me a copy of your model by midnight, I will make a copy for the computer in the classroom. Let me know who else has worked on this so you can all get credit.

Gros blanc… Je me suis même dit un (court) instant que décidément la vie d’étudiant n’est pas un métier facile, comme dirait Philip’. Est-ce possible de craquer le truc dans les 5 heures qu’il me reste ? « Getting credit », c’est à priori mal barré…

Heureusement, les deux Geeks que sont Guillaume et notre « Président » (nouveau surnom de Quentin, président du club des francophone à HBS depuis cet été, la classe), ainsi que Loeiz, se sont joint à moi pour constituer ce que notre prof de Ressources Humaine appelle un « Virtusoso team » (c'est-à-dire temperamental and egocentric people, hard to deal with and able to ignitiate a fatal explosion in the team, but expert in their field – ça me rappelle d’ailleurs la biographie de Led Zeppelin que j’ai lu cet été et qui fera sûrement l’objet de mon commentaire pour ce cours lundi : « it’s gonna groove ! »). Nous avons donc passé une « excellente » soirée à travailler tous les quatre sur le modèle, projeté dans le salon sur grand écran (d’habitude, on regarde plutôt des films…) que j’ai donc pu envoyer dans les temps et présenter sans (trop) me prendre les pieds dans le tapis le lendemain matin devant un amphi remplis de gens qui devaient se dire « il a pas de bol ce mec, il avait 3% de chance de se faire interroger… vraiment pas bol ! »).

Quentin est perplexe, sa formule d'ingénieur plante... mais quel génie tout de même!

Bref, la vie repart de plein pied, on ne s’ennuie toujours pas sur le campus et je compte bien profiter autant que je peux de ce qui devrait être une belle année avant… de retourner travailler….

Guillaume, l'autre ingénieur de groupe, a fait marcher sa formule. Magique.

samedi 29 août 2009

La montagne, ça vous gagne !

Me voila tout juste de retour à Boston, mais par goût des vacances, je mets quelques photos de cet été magnifique passé entre les Alpes, la Provence et le Valais Suisse.

La Suisse d’abord, où nous avons grimpé deux très beaux sommets avec mon oncle et mon père, le Besso et le Triftorn. Rien de bien complexe, mais 9 heures de varappe quand même pour le premier et quelques passages glacés pour le second, ça permet de se dégourdir les jambes. Que la montagne est belle dans le cirque de Zinal !

Puis une belle semaine Chamoniarde avec mon ami Arnaud, rencontré lors de notre expé sur les flancs du Gasherbrum V en 2007, sommet de 7,000 mètres Pakistanais encore vierge à ce jour. Coup de bol sur la météo une fois de plus : alors que Juillet fut lamentable, nous n’avons pas eu une seule fois à nous plaindre de la pluie lorsque nous étions là-bas, en août. Au programme : goulotte Cheret au Tacul (en très bonnes conditions), arête des Cosmiques, puis arêtes de Rochefort et aiguille du même nom avant de conclure dans les aiguilles rouges – un superbe voyage pour ma première expérience Chamoniarde (je suis plus coutumier de l’Himalaya, incroyable mais vrai).

Enfin, quelques vols mémorables au pied du mont Ventoux, en famille encore une fois, et notamment un vol mythique avec Philippe et FlyingCam à Saint-Jean pour clôturer la saison, nous avions le site pour nous tout seuls… inoubliable.

Bref, je suis donc logiquement surmotivé pour reprendre le rythme des trois cas par jours, tiens, faut que je lise un truc sur une compagnie aérienne Américaine, quelle chance… vivement.. ce week-end et le retour à Rumney !

samedi 15 août 2009

Quelques jours de repos en Suisse

Et oui, après toutes ces semaines de stage à Paris (8 au total, quand même), il était temps de prendre des vacances ! Occasion de refaire du parapente, de la montagne… et une petite via ferrata hier après midi avec mon oncle Philippe, désormais star du web et, ce n’est pas nouveau, grand acteur devant l’eternel. Ci-joint quelques minutes avec le son des cloches des vaches dans le fond, certes, c’est typique – les experts reconnaîtrons le lac de Moiry, voire les pointes de Mourty dans le fond du glacier, au loin… pour tous commentaires flatteurs sur la prestation du tonton, merci de le contacter directement.

lundi 27 juillet 2009

A quand un test anti-dopage à l’Elysée ?

Alors que je déjeunais à la cantine de mon employeur de l'été (laboratoire pharmaceutique Français), trois personnes que je ne connaissais pas se sont assises à ma table – et on commencé leurs discussions sans trop faire attention à moi. Rien de confidentiel, évidemment, sinon ça ne serait pas sur ce blog, mais la conversation valait le coup :

« - Tu as vu pour l’accident de Sarkozy ?"

« - Ouais ouais…. »

« - Un malaise en faisant du jogging en plein milieu d’une journée de juillet a plus de chances d’être en relation avec une privation d’oxygène au niveau du coeur qu’un malaise vagal...Le surmenage en est un facteur mais pas une explication diagnostique… »

« - Ouais ouais… »

« - Moi, je crois qu’il est dopé, tu as vu tous les efforts qu’il fait ? »

« - C’est clair, il est forcément dopé ! Plus encore qu’Obama, tu as vu qu’il avait une petite baisse de forme cet an-ci , il ne tient pas le rythme ! Pas assez chargé je pense...»

Bref, venant de médecins, j’ai trouvé cette thèse crédible, et j’ai commencé à réfléchir. Alors que nos amis du tour de France n’hésitent pas à ingérer un prototype d’EPO de troisième génération encore en phase d’essais cliniques et dont l’autorisation de mise sur le marché est prévue pour 2011 au mieux (voir cet effrayant article du monde), doit-on s’offusquer que notre cher président un peu trop volontaire avale du cacheton pour garder la forme ?

Après tout, tant que ses efforts servent à faire avancer une France qui en a bien besoin, c’est tout bon. Ses projets actuels ? Sauver les retraites et la sécu –notamment-, on peut donc dire que ses efforts profitent à la société en général (ce n’est certes qu’une hypothèse à ce stade, mais le but n’est pas ici de polémiquer sur son action) – la fin est donc noble. Bon, je ne rentrerais pas dans le débat selon lequel celui qui mouline le plus n'est pas nécessairemen le meilleur grimpeur, car ce n'est pas l'objet de ce poste, mais... bref.

En revanche, si pour sa part, Contador se charge à mort, ce n’est que pour gagner un piètre maillot Jaune qu’il n’est même pas certain de conserver, et qui ne fait progresser ni la société Française, ni l’intérêt général. Nous sommes donc d’accord : oui au dopage pour Sarko, non pour Astana car… la fin justifie les moyens ... n’est-ce-pas ?

Moi, je vote donc pour des contrôles anti-dopage à l’Elysée. D’ailleurs, peut-on faire confiance à un président qui porte une montre style Festina lorsqu’il fait du vélo ?

jeudi 23 juillet 2009

Polémique sur le toit du monde : la mort de Go-mi-sun



La nouvelle suivante a fait les headlines du milieu himalayen la semaine dernière : la Coréenne Go-mi-sun, 41 ans, s’est tuée sur les pentes du Nanga Parbat (8,125 mètres) au Pakistan, alors qu’elle rejoignait le camp 2, après avoir atteint le sommet. Cette « affaire » ne manque pas de faire repartir les polémiques classiques que l’on retrouve désormais systématiquement après chaque ascension d’un des 14 sommets de plus de 8,000 mètres.

Qui sera la première ?

Les 14 sommets de plus de 8,000 mètres ont été gravis par une vingtaine de grimpeurs, et est un challenge des plus convoités, une sorte de Graale accessible à une extrême minorité (jusqu’à très récemment, le nombre de grimpeurs concernés se comptait sur les doigts -gelés ou non- d’une seule main).

C’est le « king » Reinhlod Messner qui boucla la collection pour la première fois en 1986, avec l’ascension du Lhotse. 16 ans ont été nécessaires au plus grand alpiniste de l’Histoire pour réaliser son périple, dans un style remarquable (avec notamment la première ascension de l’Everest sans oxygène, en 1978, considérée à cette époque comme physiologiquement impossible) qui contraste avec certains des « collectionneurs » plus modernes (avec Oxygène, cordes fixes et porteurs d’altitude).

Mais à ce jour, aucune femme n’a encore gravi les fameux 14, et la compétition fait rage.

Nives Meroi, l’Italienne, en a gravi 11 depuis 1998, et doit conclure la série avec l’Annapurna, le Kangchenjunga et le Makalu, délicats, d’autant plus que Nives a une éthique stricte (pas d’oxygène, pas de porteurs d’altitude et un minimum de cordes fixes).

La Coréenne Eun Sun Oh en est à 12 (avec le Nanga Parbat il y a tout juste quelques jours, après avoir croisé Go-mi-sun à la descente) alors que Go-mi-sun gravissait quant à elle son 11ème 8,000 et envisageait de conclure la série en enchaînant les deux Gasherbrum cet été, puis l’Annapurna au printemps.

Une véritable course contre le temps était donc lancée entre les deux Coréennes, qui n’est pas sans rappeler le décès de Benoît Chamoux au Kangchenjunga en 1995, alors qu’il courait contre le Suisse Loretan pour être le troisième homme à gravir les 14 sommets. Les deux hommes se sont croisés une dernière fois vers 7,500 mètres d’altitude, Loretan descendant de son 14èmesommet, alors que Chamoux filait vers son destin…

Dans les eux cas, beaucoup reprochent aux sponsors d’avoir favorisé cette course mortelle, je pense pour ma part qu’il s’agit essentiellement d’une question d’ego et de volonté– tous les himalayistes cités dans ce post étant des battants de première catégorie.

De l’utilisation des cordes fixes sur les 8,000

L’autre débat concerne l’utilisation des cordes fixes sur les 8,000, désormais monnaie courante, et qui rend ces montagnes moins inaccessibles - mais qui sont aussi une source de dangers. En effet, entre les UVs et la puissance du vent, les cordes mises en places pour traverser les passages les plus relevés (et parfois abusivement placé TOUT au long de la voie, dans le style Coréen ou Japonais par exemple) sont mises à mal et tiennent rarement plus d’une saison. D’où les questions suivantes, récurrentes : Qui fournit les cordes neuves et le matériel d’équipement ? Qui se charge les remplacer? Peut-on faire confiance aux cordes installées, et est-ce éthiquement acceptable de les utiliser ?

Une nouvelle question est apparue cet été : peut-on substituer à une corde neuve installée dans un passage « facile » une corde usée issue d’un passage proche plus « difficile »? Ainsi, au Nanga Parbat, une corde neuve avait été installée au dessus du camp 2 dans le passage ou Mi-sun-go est tombée mais elle avait été enlevée pour remplacer une corde défaillante dans le haut de la voie.

Les accidents sur les cordes fixes sont courants : l’été dernier, notre ami Paulo Texeira a chuté à 7,400 mètres d’altitude sous le sommet du Gashebrum II en brisant une vieille corde, sans mal heureusement puisqu’il a pu attraper une autre corde au vol…

Je pourrais parler des heures de la question des cordes fixes en montagne, sujet autour duquel l’hypocrisie est maximale. Par exemple, des guide emmènent des clients débutants sur des 8,000 et se servent très largement des cordes en place, sans pour autant en amener un seul mètre – et se permettent même après coup de critiquer l’installation « abusive » de ces artefacts. Tous comme les experts « modernes » des 8,000 qui critiquent ces cordes, mais sont heureux de les utilise. En général, ce sont les asiatiques (ou les expés occidentales à l’Everest) qui ont le plus de moyens (grosses expéditions, dont le but est d’arriver au sommet coûte que coûte) et qui font installer les cordes par des porteurs d’altitude – tombant souvent dans l’excès inverse, consistant à installer des kilomètres de corde sur la montagne…

Bref, le sujet est ouvert, et loin d’être refermé !

La question de la légitimité – de l’importance du style

La dernière question, non posée dans les médias –par respect pour la victime ?- concerne l’expérience de Mi-sun-go et sa légitimité. La première femme à avoir gravi les 14 sera-t-elle une alpiniste chevronnée ou un « super client » des agences organisant les expeiditons à grand renforts de moyen « artificiels » ?
Go-mi-sun est admirée par les médias pour la rapidité à laquelle elle a enchaîné tous ses sommets, puisqu’elle a fait son premier sommet, le Cho Oyu, en…. 2006, il y a juste trois ans ! Gravir 11 sommets de cette dimension aussi vite est non seulement inédit, mais demande aussi de s’impliquer totalement dans l’himalayisme, en optimisant sans vergogne tous les moyens existants, sans préoccupation éthique en termes de style.

Incroyable mais vrai, Axel et moi étions avec elle au sommet du Cho Oyu, son premier 8,000, le 1er Octobre 2006, et nous avons pu « sympathiser » au camp de base puis dans les bistrots de Katmandou (sic). Ce premier sommet, elle l’a fait avec un sherpa pour elle toute seule, et toutes les bouteilles d’oxygènes nécessaires, portées par cc même sherpa. Pas tout à fait du Messner… Je n’ai pas de détails sur ses autres réalisations, mais je sais que pour ses sommets 2009 (Makalu, Kangchenjunga, Nanga Parbat et les deux Gasherbrum prévus), des sherpas étaient envoyés en avance pour fixer les cordes le long de la voie, faire la trace et porter son oxygène pour lui faciliter l’ascension au maximum. La mascarade générale, en somme…

Conclusion

C’est un drame de perdre une alpiniste passionnée et très sympathique. C’est aussi une catastrophe de constater que l’himalayisme au-dessus de 8,000 mètres prend une fâcheuse direction. Dixit Joao Garcia (13 sommets de 8,000 mètres à son actif), qui était au sommet du Nanga Parbat avec Go-mi-sun :

"I am getting sick and tired of this 'high-altitude tourism' - I can’t wait to get done with this 14x8000er project; and to begin different, less crowded expeditions"

Heureusement, l’Himalaya de manière générale peut encore être pratiqué avec des valeurs d’aventure, de dépassement de soi et d’altruisme – laissons impressionner par les grimpeurs authentiques (Jean Troillet, C. Trommsdorff et ses copains etc…), qui ne sont pas nécessairement les collectionneurs les plus assidus !

lundi 6 juillet 2009

Quelques nouvelles

Après quelques semaines après mon départ de Boston, je reprends la plumes quelques instants, du haut du 13ème étage du building qui domine le quai de la Râpée, chez sanofi Aventis où je fais mon stage. Tout se passe pour le mieux, la France est belle et… ne change pas, c’est certain ! Comme ça, on n’est jamais vraiment perdu…

Je profite d’un article sur HBS paru dans le monde ce week-end, pas trop mal écrit mais franchement orienté, pour reprendre la plume. Plus précisément, j’ai regardé les commentaires formulés par les abonnées, fidèles au niveau habituel de ce genre de prestations spontanées (vive le web participatif qui permet de générer du contenu de qualité ! Ca me rappelle les « désirs d’avenir », véritable think tank qui heureusement a eu autant de succès que son initiatrice…). Franchement, c’est à mourir de rire – je vous laisse apprécier les meilleures prestations.


On commence soft avec CLEM, qui pense avoir trouvé une corrélation, une causalité même, extrêmement pertinente :

« C'est bizarre, la plupart des "anciens" d'HBS sont les dirigeants d'entreprise à la base de la crise. » Quel génie !

BERNARD lui, est plus pragmatique. Eclairé, surtout, c’est un insider : « Mon fils ayant préféré le MIT à HBS, je me sens plus à l'aise... Je n'ai jamais voulu recruter de dirigeants issus d'HBS (…) parce que j'ai bien compris depuis plusieurs années que les hypothèses sur lesquelles reposent leurs techniques sont bidons (…) ». Quel génie la aussi ! Le père avait prédit la crise, et le fils a su faire un choix véritablement alternatif et original. Chapeau !

Pour STRUENCE, il faut du tangible, du concret: « La "business school", façon LSE ou HEC ne vaudra jamais un chercheur, un ingénieur venu des sciences dures ou un normalien ».

Quand à MP, il est un poil plus radical : « Je ne vois qu'une seule solution raisonnable: supprimer le département de finance d'Harvard. ». Dire que c’est Bob Merton, co-inventeur de la formule de Black & Scholes (and Merton !), prix Nobel, qui dirige cette unité… Je suis d’accord avec MP donc, et je pense que par souci d’égalitarisme, il faudrait même supprimer toute forme d’intellectualité, de manière générale. Les plus belles années Mao, en somme.

Enfin, PD est pour sa part capable de prendre du recul, et vise juste : « Excellent article qui pourrait être complété par un autre sur les "grandes" dixit Le Figaro" ecoles de commerce françaises", payantes. Leur nombre s'est multiplié au fur et à mesure de l'augmentation de notre déficit commercial (…) Il est plus facile après de "faire dans la finance", ou des mega benefs en vendant des fringues chinoises, que de s'investir dans l'économie réelle française ! ».


Vous imaginez mieux désormais à quel point j’ai hâte de rentrer dans la vie professionnelle ! Cela dit, mieux vaut comprendre la critique que l’ignorer. Mais en ce qui concerne la frustration de certain…je suis moins tolérant.

dimanche 17 mai 2009

Dernière session de la saison à Rumney !

Et oui, plus que trois jours d’examens, et les vacances commencent. C’est presque triste, car ça signifie que mes aventures en New Hampshire vont s’arrêter pour les trois mois qui viennent. Bon, il va quand même falloir que je fasse un stage cet été, donc la notion de vacances est toute relative !

Nous étions avec Franck du côté de Monster from the id, un secteur raide de la falaise avec des voies courtes et exigeantes.  Bien mon style donc, ce qui m’a permis d’enchaîner « Freeding Frenzy », un 5.13d soit 8b sur le vieux continent en quelques essais. Bon, ça fait 10 mètres de haut, et ça se rapproche plus d’un problème de bloc qu’une longue voie du Tarn (!), mais c’est toujours agréable de faire des voies punchy! Franck quant à lui a conclut la saison en faisant Butt Bongo en toute fin de séance, un 13a/7c+ exigeant – une bonne journée donc.

Mémorable par ailleurs, la soirée d’hier qui nous a vu errer dans le Boston branché jusque tard dans la nuit, avec nos fringues de grimpeurs et notre look un peu ahuri. Anecdote à une heure du matin : à l’entrée d’un bar bien trop guindé, Franck s’approche du vigil (genre le grand mec baraque, avec les cheveux rasés et l’uniforme de cuir moulant) et lui lance avec un grand sourire :

« I don’t understand… what’s your job exactly ? » (accent Hollandais pronouncé)

“My job is… to be mean”.

C’est  ce qu’on appelle ici la self-awareness!

Ci-joint une vidéo de la voie choppée sur youtube (pas de photo cette fois malheureusement)


jeudi 14 mai 2009

Où est Charlie ?

Et oui, c’est déjà la fin, de l’année ! Encore plus tôt qu’en France, incroyable n’est-ce pas ? C’est vrai que quand on paye les cours de sa poche (ou de celle de son employeur), on est nettement plus sensible au nombre d’heures refourguées par l’institution. Ici, ça coût de l’ordre de 170$ le cours – une bonne raison pour lire ses cas à l’avance. Pas donné le diplôme, un peu comme à l’université de Nice en somme (j’ai lemonde.fr sur mon iphone en clase, pratique pour suivre l’actualité discrètement)….Des « cas », on en a fait plus de 300 – dont un mentionnant le décès d’un Sâdhu indien au Thorung La, col Népalais que Philipe passa sous la neige, suivi de son neveu (moi)… 30 ans après ! Seulement l’un d’être eux nous a permis de traiter le « problème » syndical comme on dit ici, j’espère avoir l’occasion d’y revenir… l’année prochaine !

Bref, je vous présente donc ma photo de classe de l’année. Notons que ce n’est pas la version officielle à 80$ (que je n’ai pas encore eu le temps de faire copier avec mon appareil numérique, mais c’est en cours) pour « élève portefeuille ambulant » mais le travail photographique d’Amar, un Indien de ma classe, sympa et intelligent -une très bonne représentation de la « menace Indienne », où les Indiens qui d’ici peu écraseront les occidentaux (heureusement, ils sont non violents).

Où est charlie ? Hint : sur la gauche (quasiment  un « political statement » en somme !)

mardi 12 mai 2009

HBS: the jungle

Et oui, la fin de l’année approche, et il est temps de choisir nos cours de deuxième année ! Car si on ne choisit pas en première année (Required Curriculum), on doit sélectionner une quarantaine de cours parmi plus d’une centaine de possibilités en seconde année (Elective Curriculum)-dont 10 nous seront finalement accordés. 

On s’en doute, c’est un process léger vraiment très amusant: se coltiner la lecture des descriptifs de chacun des cours, discuter avec un maximum de gens qui ne sont évidemment jamais d’accord pour avoir si les profs sont bons ou mauvais (oui, il y a une collection de mauvais profs ici, aussi incroyable que cela puisse paraître), et enfin, saisir son choix dans une interface à s’arracher les cheveux puis… prier pour que la loterie magique nous concocte l’emploi du temps idéal. Le rêve, non ? 

Pour s’orienter dans cette jungle insaisissable, plusieurs moyens : passer des heures à discuter autour de soi avec les Français de deuxième années – en vacances depuis la semaine dernière-, assister (ou non…) aux conférences de présentation des cours et surtout… visiter le site d’HBS qui présente l’algorithme d’attribution des cours-  et oui, chaque détail compte ! 

Mais mon moyen préféré, et de loin, c’est de visiter le site du journal des élèves, « The Harbus », canard illisible au demeurant mais dont l’étude annuelle d’évaluation des professeurs par les élèves qui ont suivi leurs cours est des plus intéressantes (rien d’officiel dans ce classement évidemment – ce qui le rend d’ailleurs croustillant). 

Les premiers commentaires que j’ai pu lire sur les profs, cependant, étaient décevants, consensuels et tellement positifs… à l’Américaine en sorte: 

“ Youngme is an amazing professor and keeps classes interesting and personal. You feel like you're in a separate world when you're in her class” 

“De Tella is an awesome and funny (…) it's a must!” 

Heureusement, ça se déride un peu par la suite: 

“XX is just so funny and he is also a good teacher, daily entertainment guaranteed!!” 

“Cases are long but if you like this kind of classes where you can basically say whatever you want, this is great fun” 

Puis ça devient franchement marrant… 

“NOT a good 8:30 class, so boring”

“.. she can’t run a case discussion, she talks all the time...”

“Really easy course, but also really boring”

“PROF X IS A POMPOUS, IDIOTIC MAN WHO KNOWS NOTHING, I could not wait for the class to end” 

Voire… hilarant! 

“Painful…” 

“George is very dry. Classroom discussions were immensely boring.” 

“Worst class I've taken at HBS. Don't do it. The Professor is TERRIBLE & spends most of her time promoting herself and pandering to her guests. Learnings non-existent.”  

Et ma préférée, pour finir: 

“ Mostly it's just a mutually sycophantic spectacle… This is a total waste of time. Discussions are fluffy and people just say crazy stuff that makes no sense.” 

J’imagine que l’enjeu de choix des professeurs est un peu plus clair désormais, non ?